Destinée – Après (2)

Préambule:
Ce billet et le prochain rassemblent ce qui a été joué pendant les trois premières sessions de 5 heures de la campagne. Il a été écrit longtemps après que les parties se sont déroulées (début juin). Je me contenterai donc de raconter la fiction et de dresser un petit bilan de l’utilisation du système sans trop m’appesantir sur les éléments extérieurs (comment on a joué, ce que les joueurs en ont pensé etc.). Entre temps le système a pas mal évolué, non pas dans ses grandes lignes, mais j’ai précisé plusieurs points problématiques… je suis en train de mettre tout ça au propre avant de reprendre et de lancer d’autres test plus poussés. Je parlerai plus des données techniques par la suite, lorsque la campagne reprendra.

De même, les premières sessions sont une grosse introduction destinée à poser la situation initiale, bien glauque, qui permettre aux personnages de se confronter à leurs dilemmes, à leurs démons. On est donc pour le moment dans la pure enquête procédurale et l’accumulation d’indices. Comme je le disais dans le précédent billet, les joueurs ne sont pas là pour casser l’énigme, mais pour interpréter des personnages qui sont confrontés à des situations étranges. Les « indices » sont abondantes et prêtent largement à des interprétations contradictoires. A voir ce que les joueurs vont en faire…

North-Brother-Island-2-TB-Pavillion

Session 1 – Le cœur ardent de l’étoile brisée

Le Briefing
La session s’ouvre sur une convocation générale aux QG du FBI, sur Federal Plaza. Plus de trois cent agents sont convoqués dans la grande salle de briefing. Le Directeur Whitman ainsi que les chefs des principales sections du bureau sont rassemblés devant tous les hommes, dont les agents spéciaux Willander, en charge de la cellule anti-terroriste, Rodham (Stupéfiants et sectes), et O Bannon (lutte contre la corruption, le racket et les disparitions). La salle est en émoi, tout le monde chuchote. Whitman lance la réunion :

Le contact a été perdu 24 heures plus tôt avec deux agents de la division sectes. L’agent Stasiuk et l’agent Rodriguez enquêtaient sur les activités du groupement connu sous le nom de Cœur ardent de l’étoile brisée. Ils assuraient la protection d’un témoin assurant avoir reçu des menaces de la part du gourou de la secte Reynolds.

Les agents Stasiuk et Rodriguez : « ils étaient chargés de garder un œil sur Gloria Mantossa, directrice créative dans la publicité. Ils l’ont suivie pendant 24 heures. Le lendemain, soit la veille à 07h30, Stasiuk et Rodriguez sont retournés prendre leur poste, ils n’ont pas fait leur rapport journalier à l’heure voulue. Le dernier contact téléphonique avec l’agent Rodriguez s’est fait hier à 9h25 depuis une cabine en bordure de la zone portuaire de Richmond : l’opératrice a d’abord cru à un faux numéro avant que le correspondant devienne vraiment bizarre et qu’elle enregistre ce qu’il disait. L’enregistrement est court et incompréhensible : « ‘toile biiisée, doooogue daààafé, stasiuk… renforts… » Quand les hommes de Bargeld sont arrivés là-bas, ils n’ont rien trouvé sauf des traces de sang et l’arme de Stasiuk. Depuis, plus rien. »

Gloria Mantossa : « Elle intervenait il y a 6 jours à l’antenne d’une chaine locale comme « experte » dans un infotainment afin d’analyser les techniques de manipulation et de communication des sectes. Alvin Reynolds, le leader du « cœur ardent de l’étoile brisée » participait à la même émission. Après des propos particulièrement sombres sur le fait que « les artifices de la communication ne permettront bientôt plus de cacher que le monde est en train de se disloquer », il s’est tourné vers elle, a eu quelques secondes d’arrêt, et lui a dit qu’il en apprendrait plus en lisant dans ses entrailles qu’en ayant une conversation avec elle. Il a récidivé dans les coulisses et Mantossa a eu peur. Trois jours plus tard, elle avait l’impression d’être suivie dans la rue, elle a appelé les flics qui ont transmis le cas au squad supervisor Bargeld, en charge des agents Stasiuk et Rodriguez. »

La Team de Rodham est très emmerdée, celle de Willander parait concentrée. Les hommes n’osent pas parler entre eux, mais les regards passent. Le Chef continue:

« Alvin Reynolds : 44 ans, ancien instituteur qui a poussé trop fort un jour qu’il était sur le trône ou qui s’est cogné à une poutre. Connu depuis 2010 pour avoir fondé le groupement de réflexion « Le Cœur ardent de l’étoile brisée ». Depuis deux ans sa secte est en plein essor. Il a reçu des financements de plusieurs notables, de quelques acteurs de broadway, et a atteint une audience large en touchant près de 500 personnes à New-York, majoritairement des petits notables : médecins, professions intermédiaires, cadres sup…. Ils se réunissent habituellement dans un grand appart du centre de Manhattan, mais là il n’y a personne. La Doctrine de Reynolds : le monde est déjà mort, il faut accélérer la dislocation du corps pour permettre à la vie de renaître. »

Tout le monde est donc invité à faire jouer ses contacts, toute piste concernant l’affaire est à transmettre à l’agent O’Bannon, l’un des personnages qui chapeautera les recherches. Consigne est donnée de faire attention à ne pas mettre en avant les manquements du FBI dans cette affaire. Dans l’attente de résultats, les agents Rodham et Bargeld, dont dépendent les deux disparus, et qui ont couvert leur disparition, sont sanctionnée. Rodham est mis en congé, Bargeld est carrément mis à pied jusqu’à nouvel ordre.

Récriminations de Willander et de son équipe qui se barrent, vexés de ne pas avoir eu l’affaire.

En action
O Bannon a donc la responsabilité des troupes. Après un court brief, il demande à ce que les chefs d’équipe se répartissent le boulot : reprise des éléments et recherches plus poussées. Il envoie l’ancienne équipe de Rodham éplucher les registres de noms des donataires de la secte et confie à ses équipes la tache de repasser derrière ceux qui ont enquêté la veille. Il rejoint ensuite Whitman et Gallagher, en charge des relations presse, pour préparer des éléments de langage concernant ce qui s’est passé. Il passe ensuite parler à Rodham histoire de le réconforter et de voir ce qu’il peut en tirer avant de remettre la pression à ses troupes.

Minelli répartit le travail en envoyant Levine et Roberts à la cabine téléphonique d’où a été passé le dernier coup de téléphone de Rodriguez. Kwan et Garmond, pendant ce temps, vont au labo récupérer les maigres indices déjà en leur possession : une arme ramassée devant la cabine téléphonique et l’examen des traces de sang.

Le docteur Richardson (à la tête des légistes du bureau de New York) est catégorique : on s’est servi de l’arme pour tabasser quelqu’un. Les éclaboussures sur les parois de la cabine l’attestent. En l’occurrence, il s’agit de l’arme de Stasiuk et le groupe sanguin correspond à celui de Rodriguez… Minelli envoie ensuite Garmond et Kwan chez Stasiuk pendant que deux autres membres du bureau, Rossberg et Steensland (hem) se tapent les dossiers des Sectes, et notamment ceux de Rodriguez et Stasiuk. Ils apprennent, en interrogeant leurs petits camarades, que Stasiuk était une pétasse froide plutôt efficace et que Rodriguez était à deux doigts du procès pour harcèlement avant de faire équipe avec Stasiuk, à cause de son comportement avec les femmes du bureau.

A 10h, Levine et Roberts arrivent à la cabine téléphonique, au milieu de la zone portuaire de Staten Island, à côté d’une ancienne marina fermée. Les deux agents, très bons sur le terrain, découvrent des indices et commencent à reconstituer la scène : Trois voitures, introuvables, plusieurs échanges de coups de feu. Ils découvrent quelques balles, tirées par un flingue d’un policier, ainsi que des traces de voiture de patrouille, mais aucune épave n’est retrouvée. Levine et Roberts décident de poursuivre l’enquête au domicile de Gloria Mantossa.

Chez cette dernière, près d’une heure plus tard, les deux pros tombent sur un apart dévasté. En interrogeant le concierge, ils apprennent le passage des hommes de Willander. Il n’y a plus rien à trouver ici. Mais le voisinage peu les renseigner sur la manière dont Mantossa, Stasiuk et Rodriguez et les deux agents sont partis précipitamment. Aucune trace non plus du petit chien de la disparue… Bonus, Levine obtient le signalement des deux agents de Willander qui ont foutu le merdier chez la disparue, l’un des agents est Bellisario. Ils apprennent également par le gardien qu’un drôle de type aux allures de « comptable » est passé il y a 3 jours, porteur d’une lettre « révélation » ; le signalement ne correspond pas à Reynolds.

Minelli enchaine avec un rendez-vous peu plaisant avec un membre des affaires internes, Francis Rochette, qui lui demande de surveiller O’Bannon. Il semble disposer de moyens de pression sur lui. Rochette réquisitionne le bureau de Rodham et commence à éplucher les dossiers de son unité. O’Bannon est furieux et va se plaindre à Whitman après s’être fait vaguement menacer par Rochette.

La situation s’aggrave : des bruits ont fuité sur des agents du FBI en perdition, un journaliste s’infiltre et prend des photos de Rodham et O’Bannon en conversation dans le bureau du premier. Un point presse est effectué, O’Bannon botte en touche. Il est midi, Whitman remet la pression : personne n’a rien.

Pendant ce temps, Kwan et Garland fouillent l’appartement de Véréna Stasiuk. Elle n’habite plus depuis plusieurs mois ici, n’y passant qu’occasionnellement. L’enquête de voisinage ne rapporte que des ragots. Suite à une vérification des appels, ils trouvent un numéro commun avec la cabine téléphonique où a eu lieu le dernier appel, qui renvoie vers un appartement de South Brooklyn. Après un bagel vite avalé, les agents s’y rendent. Sur le chemin, GArmond appelle ses anciens collègues du NYPD pour essayer d’en apprendre plus sur la voiture dont Levine et Roberts ont trouvé les traces. Chou blanc : aucune bagnole ne manque et personne n’est allé patrouiller dans ce coin…

Vers l’objectif
Au moment du déjeuner, un appel anonyme arrive directement sur le bureau d’O’Bannon : on lui donne le nom d’un médecin, le Dr Bernstein, et on lui conseille de vérifier la présence d’un Yacht dans une marina. O’Bannon refuse dans un premier temps d’exploiter l’indice, puis, apprenant que Willander est sur une piste (et continue à la lui cacher), il envoie Levine et Roberts vérifier… qui retraversent donc New York une nouvelle fois pour Staten Island… Tout le monde s’impatiente, Washington téléphone régulièrement pour être informé, Whitman s’impatiente. La mise à la retraite anticipée de l’agent Rhodam est décidée. Bargeld est prié de vider son bureau et de quitter les lieux. O’Bannon lui demande toutefois de rester à disposition.

Les agents Kwan et Garmond ont retrouvé l’endroit où Stasiuk appelait, la maison d’une dénommée Lauren de Soto. Devant l’absence de réponse devant la porte, Kwan décide de rentrer. Partout des peintures maritimes quasi abstraites qui rappellent vaguement quelque-chose à Kwan… peut-être une exposition. Fouillant la maison, il est surpris par De Soto qui refuse de lui parler et essaie de le mettre à la porte. Morte d’inquiétude pour Stasiuk, elle finit par accepter de parler à Kwan, fin psychologue. Elle évoque à demi-mot sa relation avec Véréna et l’appel étrange reçu la veille… Manquant de pleurer, elle met l’agent dehors, qui promet de la tenir au courant.

Pendant ce temps, Levine et Roberts interrogent la marina. Leurs informations recoupent celles des teams enquêtant sur les membres de la secte : la plupart ne sont pas à leur domicile ni à leur travail. Le gardien de la marina admet avoir fermé les yeux lorsqu’une centaine de personnes ont embarqué sur un yacht pas prévu à cet effet. Le bateau a mis le cap sur l’East river et remonté la rivière. Un coup de fil de l’agent de liaison Ransmayer à la capitainerie confirme que le navire a été vu à plusieurs reprises au large du pénitencier de Rykers. Envoyant plusieurs vedettes vérifier les berges, la police maritime prévient rapidement O’Bannon que le navire est à l’abandon sur la berge de North Brother Island. Tout le monde se dirige vers l’île en urgence, équipe du SWAT comprise.


attaque sur l’hopital et découverte de la scène Nine Inch Nails, Corona Radiata

Débrief:

Une chouette session démarrée sur les chapeaux de roue… peut être un peu trop. La masse d’infos a noyé les joueurs, notamment les noms de leurs collègues du FBI, pléthoriques… Quelques accrochages sur le fonctionnement de la team qui ont nécessité des ajustements.
Point de vue système, ça se met en place. Je fixe les seuils et les dépenses à la suite de cette session, et je décide de laisser le joueur choisir sa dépense et quand il utilise ses aspects plutôt que de les lui imposer.
Bref, une session qui prépare à la suite des événements.

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