Nuraghe – Sur les frontières 2

Notre scribe a beaucoup pleuré, mais il a fini par rendre sa dernière copie. On retrouvera donc ci-dessous Théosode, Lilla, Johan et Méléas, qui sont enfin arrivés sur les frontières… et vont rencontrer Arlys le protecteur, grand héros de l’Empire. On pourra trouver le récit de leur voyage ici.
On a repris quelques jours après les événements de la première session. L’enjeu de la partie était de faire découvrir la base arrière de leurs aventures et la population locale, de manière à ce que les joueurs se choisissent leur Ami et leur Ennemi. Pour ce dernier point, tous n’ont pas encore été déterminés.D’un point de vue esthétique, je me suis inspiré de la Sardaigne pour le décors et les noms des personnages.
Le résumé a été écrit par Julien Pouard, puisse-t-il couler des jours heureux en récompense de ses efforts!

nuraghe

 

Il nous a fallu quelques jours de voyage de plus pour arriver à la citadelle. C’est une espèce de caillou posé sur un tas de boue, un peu comme l’argile avec lequel j’avais essayé de faire un pot pour Maman. Quand on est arrivé au pied des remparts, je me suis rendu compte qu’il était très bizarre ce caillou, c’était comme des tas de pierres empilées.

Une fois dans les remparts les gens avaient l’air pauvres, fatigués, sales. On a même vu des enfants qui courraient tout nus dans la rue, et des femmes avec des tatouages à moitié effacés. Et y’avait des chiens aussi, l’air méchant, affamé. On aurait dit que leurs yeux brûlaient, comme s’ils avaient la fièvre, comme celle qu’a eu Ephraïsta.

Mais le plus horrible c’était l’odeur, et les têtes. Des tas de têtes tranchées, plantées sur des pics, qui pourrissaient au soleil. Et des nuages de mouches, noirs comme les jours d’orage, qui bourdonnaient très fort. J’ai failli vomir, mais Tilda m’a pris dans ses jupes pour me faire un petit cocon chaud, douillet. Elle m’a serré la main tellement fort que j’ai eu mal. Du coup je n’ai plus pensé aux têtes jusqu’à ce que je croise le regard vide d’une fille, une jolie fille de notre âge. Dont la tête était plantée parmi les autres et que les mouches avaient pour le moment épargnée. Derrière ses tatouages, c’était comme si elle s’empêchait de pleurer. Je crois bien que j’ai vu la mort en face.

***

Nous avons marché jusqu’à la tour que deux gardes fiers gardaient.Ils étaient impressionnants ces gardes, mais Méléas ne s’est pas démonté. Il a dit qu’il était “Méléas l’autoritaire, fils de Méléagant le Brutal” et qu’il était “la relève”. Je pouvais presque entendre les trompettes pendant qu’il parlait tellement il était fier. Mais les gardes, ça ne les a pas trop impressionné. Ils n’ont pas du comprendre. Mais ils nous laissent entrer et on nous conduit dans une petite pièce. Les murs dégoulinent d’eau, mais il ne fait pas tellement plus frais que dehors. Les gardes nous laissent avec une servante dont la robe tinte à chaque mouvement. La jeune femme nous apporte de quoi nous débarbouiller, je ne suis pas vraiment sur que ça serve à quelque chose ici, mais nous allons rencontrer un héros quand même.

Finalement une grande femme entre, elle est très impressionnante et s’habille en homme. C’est Téora, l’intendante du héros. On peut tout de suite voir qu’avec Johann les relations vont être difficiles, mais il réussi à lui en imposer. Il peut être impressionnant quand il veut Johann. En tous cas moi il m’impressionne beaucoup. Mais ce n’est pas suffisant pour que Téora se déride. Visiblement Arlis attendait des renforts, mais malgré ce que semblent penser Méléas et Johann, je ne suis sûr que nous fassions l’affaire. Mais elle nous offre quand même à manger pour patienter.

***

Après manger, c’est un vieux qui entre, il a pas l’air commode du tout, et il est escorté par des soldats en armes. Au début j’ai cru que c’était le héros mais il dit qu’il est plutot venu nous escorter pour aller voir le héros, histoire de bien nous faire sentir qu’on est les bienvenus. En le suivant on arrive à peu près au milieu de la tour, dans une grande pièce mal éclairée, noircie par la fumée des torches. Au milieu du milieu de la tour y’a un grand trou. Et derrière le grand trou y’a un trône un peu miteux. Et sur le trône y’a Arlis, le héros de l’empire. La première chose que je vois c’est qu’il lui manque une main. Et que ça n’a pas l’air de le gêner. Il a l’air très très en colère, pire que Papa la semaine avant mon départ, quand ils ont crié très tard avec Maman en disant mon nom.

Quand Méléas lui donne le message de l’empereur, il se met à fumer des oreilles ou presque. Il dit “ L’empereur a entendu mon appel et il a préféré se curer le nez qu’y répondre”. J’ai réussi à ne pas rire. Surement parce que j’avais trop peur qu’il ne tourne sa colère vers moi. Après quelques mots, il nous fait signe de partir et nous dit qu’il nous verra le lendemain. On nous emmène alors vers des huttes qui sentent mauvais pour dormir.

***

Pendant la nuit, j’ai eu tellement peur que je suis allé voir Lila dans sa hutte pour dormir par terre à côté d’elle. Elle a dit oui, mais elle s’est mise à me raconter des histoires horribles. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit là. Mais à peine j’ai réussi à fermer les yeux qu’elle me réveille en sursaut en me jetant un scarabée mangeur d’homme. Heureusement j’ai du le faire fuir en hurlant parce qu’il n’a pas pondu dans mon bras. Enfin je crois.

Pendant que Méléas déjeune avec le héros on se retrouve avec Lila, Johann et Téora. Elle nous présente un peu la situation du fort [qu’elle appelle Nuragghe]. Elle nous dit des tas de trucs comme “Il faut savoir montrer aux gens qui sont dans l’erreur qu’ils sont dans l’erreur” ou “On vous a appris des choses à la capitale, il va falloir les oublier”. Elle parle aussi des barbares et de la façon dont ça marche avec eux. Méléas et Johann avaient peur que les barbares soient déjà battus, mais en fait c’est loin d’être le cas. On ne vient pas juste remplacer le héros. On vient reprendre son combat. C’est effrayant, mais en même temps c’est peut être le moyen de montrer ce qu’on vaut.

Le vieux qu’on a vu la veille s’appelle Kildir, c’est le chef des gardes et le plus haut gradé après le héros. Il nous conduit à nouveau jusqu’à lui un peu plus tard dans la journée. Il est en compagnie de Litaru, une cheffe barbare complètement soumise au héros. Elle sent le musc. Arlis sort une lettre de charge, c’est un truc qui dit qui sera héros à sa place ou qui sera chef j’ai pas trop compris. Visiblement on peut mettre qu’un nom dessus et il regarde Méléas et Johann avec insistance. Il écrira dessus le nom de celui qu’il récompensera.

Et là ça commence à se gâter. Johann provoque Arlis, lui demandant pourquoi il n’est pas déjà parti. Il a du courage Johann, ou alors il ne se rend pas bien compte qu’Arlis est sur le point de lui arracher les yeux avec sa main valide. Quand ça se calme, Arlis explique qu’il a un plan contre les barbares, dangereux, mais que si on réussi à l’accomplir, alors il pourra envisager de partir.

D’après lui la première vertu du héros c’est de “connaître son ennemi et de l’affaiblir en lui faisant croire qu’il en sort grandi.” J’ai toujours cru que la première vertu du héros c’était de sauver des gens et de se battre pour ceux qui ne peuvent pas le faire eux même. Que c’était de servir l’Empereur aussi. Mais les choses ont l’air plus compliquées. J’ai pas trop compris son plan non plus. On doit aller voir des barbares qui sont nos ennemis mais qui sont encore plus ennemis des barbares près de chez nous. Leur chef c’est Zorodu et il est ennemi du conseil des filles aînées [L’une des instances dirigeantes des tribus de la lune], et Arlis voudrait qu’on le convainque d’attaquer les filles en même temps que nous. Je trouve ça un peu limite d’attaquer des filles. Parce que les filles quand ça se bat ça respecte pas les règles. Et des fois elles font semblant de pleurer pour qu’on arrête et bim elles t’en collent une.

Au début j’étais pas trop d’accord, même si on m’a pas demandé mon avis. Et puis Arlis a dit un truc dingue. Zorodu et ses hommes chevauchent des aigles. Ils volent sur des aigles. Alors là forcément j’étais tout de suite beaucoup plus d’accord. J’espère vraiment monter sur un aigle un jour. Imaginez, si je retourne sur mon aigle volant à la capitale !

***

 

Finalement on quitte la forteresse avec Zouara, une fille barbare libre de la tribu de Litaru. On s’engage à travers les terres ennemies, c’est plein de buissons et de cailloux. On se demande pas mal comment font les barbares pour vivre. Zouara dit qu’ici les gens sont malins. D’après Lila, ils doivent élever des scorpions et parfois ils s’échappent pour se glisser dans les bottes des voyageurs. Elle sait vraiment plein de trucs Lila. Des trucs qui sont dégoutants et qui font peur souvent.

Pendant la nuit, alors qu’on a fait un campement, on entends des bruits en contrebas. On sait pas si ce sont des bêtes ou des gens. Zouara dit que ce sont des bêtes mais les autres croient que c’est des gens. Dès qu’il fait jour on va voir là où on avait entendu des bruits. Y’a des tas de cailloux qui ont été remués depuis pas longtemps. Quand on dégage les cailloux on trouve un bébé mort. C’était ça les bruits de la nuit, une troupe de barbares qui venaient enterrer leur bébé. Je me sens mal pour eux. Ils ont perdu leur enfant et des affreux gamins de l’empire viennent le déterrer simplement parce qu’ils sont curieux et qu’ils ne connaissent rien à rien. J’ai honte. Je crois que les autres ont un peu honte aussi.

Demain on va arriver au pic de Zorodu et on verra ses aigles. J’ai hâte mais j’ai peur. S’il apprend pour le bébé, jamais il n’acceptera que je monte sur un aigle.

Mon ressenti:
C’était beaucoup plus facile une fois le décor fixé. Je crois que j’ai besoin de savoir ce que je vais décrire pour pouvoir gérer correctement le travail du maître de jeu. Avec les images de la Sardaigne en tête, agrémentées de deux -trois autres plus fantaisistes, ça donne un cadre désertique qui ne ressemble pas au sempiternel désert de sable rouge que j’ai beaucoup trop servi à mes joueurs ces vingt dernières années.
La table s’apprivoise, et ça a plutôt bien tourné. Je suis encore un peu hésitant (dubitatif?) quant au système de résolution, mais le reste fonctionne bien. Et je suis désormais armé de suffisamment de leviers sur les personnages pour provoquer du jeu dans tous les sens. Seule Lila reste encore un peu dans l’ombre, mais ça ne devrait pas perdurer.

Une réflexion sur “Nuraghe – Sur les frontières 2

  1. Ping : Triomphe de Theosode – Sur les Frontières 3 – La Partie du lundi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s