L’Escapade de Telenaïs 2/2 – Aventures dans le consulat 3

Lors de l’épisode précédent, les bretteurs de La Spada Rossa se sont fait recruter par une riche patricienne, Lysia Andrès pour kidnapper sa fille Telenaïs, afin qu’elle échappe à un duel potentiellement mortel. Mais une autre partie semble avoir été plus rapide et Telenaïs n’est plus dans sa chambre. Ils apprennent la nouvelle par un de leurs amis faisant partie de la bande d’aventurier des Lames d’argent, qui avait été aussi mandatée, par un autre parti pour enlever la jeune fille. Enfin, ils apprennent qu’un troisième groupe d’aventuriers, les compagnons de la roche, sont aussi sur le coup. Devant la disparition de sa fille, Lysia décide de lancer les trois groupes à sa poursuite, celui qui la lui ramènera sera récompensé de 300 pièces d’or… Mais nos héros n’ont aucune idée d’où la donzelle a pu s’enfuir, et ils ont accumulé un retard conséquent sur leurs confrères mais néanmoins concurrents.

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La campagne du consulat, sur la route de Chieso

 

Le lien vers la video Youtube de la session se trouve ici!

Rendez-vous 10 heures 30, piazza Doria
Bracce, 6 heures du matin, Maraîchers et fermiers ont envahi les rues ou se bousculent aux portes de la ville pour proposer leurs denrées aux braves citadins. Dans la froidure du matin, les compagnons de la Spada Rossa discutent de la stratégie à appliquer. Les compagnons décident de se déparer pour pouvoir âtre plus efficaces : Andrea part en direction des portes pour questionner les gardes. Lucio, lui, part au palais Sangio pour vérifier que Matteo ne soit pas impliqué (malgré l’aveu des Lames d’argent). Vitoria, quant à elle, décide de retarder les Compagnons de la roche en envoyant un message à son frère disant que leur père est mourant et le réclame à son chevet. Elle souhaite profiter de l’occasion pour le questionner et bénéficier des pistes des concurrents de la Spada Rossa. Ciro, quant à lui, disparait pour régler de mystérieuses affaires

[Super jet d’Eugénie qui va pas mal conditionner les scènes suivantes. Ciro part quant à lui car le joueur n’a finalement pas pu nous rejoindre. Ça tombe bien, les personnages sont sortis de la session précédente sans la moindre piste pour la suite des opérations]

Andrea presse le pas pour faire le tour des portes. La matinée passe vite et malheureusement, les anciens de son régiment n’ont absolument rien à lui dire. Il parvient finalement à la porte mineure où il ne reconnait pas les gardes qui ne lui facilitent pas la tâche.

Un homme à cheval fait un esclandre en voulant entrer précipitamment dans la ville : Livio Scorta a bien reçu le message de sa sœur. Les gardes deviennent plus loquaces, et en échange de ses deux dernières grosses pièces, Andrea obtient quelques bribes d’information : une petite équipe d’aventuriers a passé la porte ce matin, avec à leur tête un grand type qui devait posséder du sang nomade au vu de sa dégaine. Ils se sont arrêtés à l’auberge de Marcella avant de passer les portes. La description correspond aux Compagnons de la roche.

*

Le Palais Sangio n’a pas grand-chose à voir avec celui des Andres : Des échafaudages occupent encore une partie des façades et des artisans s’occupent à rénover les fenêtres en sculptant les encadrements. L’opulence est visible, et le palais, véritablement gigantesque, est situé juste à côté du palais municipal, lui-même énorme et richement décoré. Un trafic important entre et sort du palais. Rina Sangio, cheffe de famille et consule de Bracce, aime à garder sa famille tout près d’elle afin de mieux la surveiller. C’est donc plusieurs centaines de personnes que le palais abrite en permanence, et qui nécessite un approvisionnement abondant. Tous les pourvoyeurs, venus des terres des Sangio apportent légumes frais, volailles, gibier et sacs de farine. Lucio s’improvise de ces gens-là et pénètre dans le palais. Fuyant les intendants, il s’engouffre dans le palais à la recherche des dépendances réservées à la famille la plus proche, mais le palais est un vrai labyrinthe. Dans un long couloir aux innombrables portes, plusieurs servantes se chargent de changer le linge chambre après chambre. Lucio fait jouer son charme naturel pour se faire guider jusqu’à la pièce où s’est retranché Matteo Sangio depuis la veille, faisant les cent pas. Après un rapide baiser à la servante, Lucio, se chargeant de tout son culot, pousse la porte et entre dans la pièce. Le luxe est présent partout : portraits de familles, sculptures raffinées et mobilier marqueté. Matteo est à contre-jour. Il reconnait Lucio comme le compagnon de Lysia Andrès, la veille à l’opéra, et le prend pour un messager de la patricienne venu le blâmer pour la situation de la veille. Lucio essaie de se rapprocher de Matteo, jouant la connivence.

« Que dit votre cœur monseigneur…
– Vous êtes bien impudent. Je tolère que Lysia Andrès vous envoie comme messager, mais vous n’êtes ni de notre sang, ni de notre rang. Je n’accepte pas de répondre à ces questions tout à fait déplacées dans la bouche d’un laquais.
– Je conçois vous avoir offensé ; mais je suis particulièrement touché par les enjeux qui vous lient à la victime… »

[Il y a eu beaucoup de dialogues bien menés, d’où mon envie d’en mettre des extraits nombreux pour donner une idée de ce que la partie a pu ressembler]

Lucio joue carte sur table et lui parle de la disparition de Telenaïs. Matteo reconnait des intérêts communs mais, particulièrement méfiant vis-à-vis de Lucio, qu’il prend pour un intriguant, se demande ce que le spadassin compte tirer de lui. Après quelques secondes longues et lourdes, il reconnait avoir engagé les Compagnons de la roche, mais que ceux-ci n’ont pas été à même d’enlever Telenaïs pour la protéger et se sont désengagés précipitamment. Il termine sur des promesses de soutien si Lucio et les siens protègent la jeune fille. Le spadassin disparait sur une révérence.

*

Vittoria, quant à elle, s’est ruée chez son père. Prenant à part le valet de son père, elle le supplie de faire attendre son frère lorsqu’il sera revenu. Il finit par arriver, au moment où Vittoria ne l’attendait plus. Livio a perdu de sa superbe. Il serre sa sœur dans ses bras. Vittoria, lugubre, le questionne immédiatement sur ses activités présentes. Livio, décontenancé, insiste pour aller au chevet de son père. La peste tente immédiatement le chantage :

« – Je pense que tu as quelques minutes à l’accorder pour m’expliquer tout ça. Parce que je ne suis pas sûr que père aimerait que les derniers mots qu’il entendra jamais concernent ce que tu as fait lors du duel de Portelli.

Il blêmit.
– pourquoi un chantage ? Que veux-tu savoir. »

Malgré un plaidoyer de Livio la suppliant de le laisser aller au chevet de son père, Vittoria ne lâche rien et son frère lui avoue que, selon ses informations, Telenaïs est partie avec un prétendant durant la nuit précédente. Elle se rendrait à Chieso pour se marier dans la grande église d’Aphrodite qui fait la fierté de cette petite ville.

Ils finissent par parvenir à la porte du bureau de leur père. Vittoria tente de garder son sérieux. Personne dans la chambre. Livio est furieux mais ne dit rien. Il part en direction du bureau où la voix paternelle propose d’entrer alors que Vittoria a du mal à se retenir. Ils entrent. Livio n’est pas surpris et pousse sa sœur à l’intérieur de la pièce.

– Mes deux enfants en même temps dans lamaison ? Vous devez avoir beaucoup d’argent à me demander.
– Non père, c’est une initiative de Vittoria qui vent favoriser les réunions de famille. Ta fille, figure-toi, me fait du chantage et essaie de m’extorquer des informations sur ma mission en cours alors même que j’ai engagé ma parole
– Ta parole, on sait ce qu’elle vaut Livio… murmure Vittoria
– Ce que dit ton frère est vrai Vittoria ? Il va falloir t’expliquer… »

Livio est déjà parti, laissant Vittoria se débrouiller de ses explications…

*

A 10h30 à la piazza Doria, Luccio est absolument seul…

Andrea profite de sa présence à la Porte Mineure pour aller interroger Marcella, la gironde tenancière d’un établissement étroit qui a les faveurs des noctambules. Des commerçants déjà satisfaits de leur matinée profitent déjà d’un verre de bière. Andrea entame les flagorneries et autres séductions, de la mousse plein la bouche. Il n’a plus rien dans sa bourse et Marcella ne semble pas sensible à la petite monnaie. Andrea n’a pas dit son dernier mot :

«  Garçon, ce n’est pas avec trois piécettes que tu vas me faire parler. Tu as autre chose à me proposer ?
– Oui.. j’ai un très bon ami, qui est friand de jolies femmes comme toi..
– C’est vrai ?
– Ouais.. et je pourrais, si tu l’acceptes, t’arranger un rendez-vous. Il est très beau… très très beau.
Elle glousse un peu
– C’est un spadassin réputé. Il s’appelle Lucio Zigarelli !
– … Tu parles du fils d’Orsina ? Celui qui a changé de nom de famille pour ne pas qu’on sache qu’il est le fils d’une maquerelle ? Mais je le connais très bien depuis qu’il est tout petit, pas besoin de me présenter.
– Mais je peux t’arranger une soirée.
Elle éclate de rire.
– Continue à me parler mon mignon, flatte-moi encore, mais ne me propose pas ce genre de choses.
– C’est pourtant un très bon parti… »

[On a eu beaucoup plus recours au système lors de cette deuxième session, notamment du fait que l’on soit véritablement rentré dans une enquête. Il y a eu beaucoup de jets négatifs alors que les personnages cherchaient des pistes, mais le bon jeu et d’astucieux compromis leur ont permi de s’en tirer à moindre frais… mais avec un retard énorme]

Toute à sa bonne humeur, elle se décide à parler et donne la description des compagnons de la roche : un grand guerrier nomade, un garçon de bonne famille un peu coincé et une jeune fille brune qui lâchait des bordées d’injures. Ils ont demandé si un garçon et une fille de bonne famille étaient passés par ici. Elle leur a dit que oui, une jeune fille voilée et un godelureau tremblant de tous ses membres avaient passé une heure dans son établissement en attendant l’ouverture des portes. Marcella pense que le couple s’enfuit pour se marier « c’est évident ! ». Andrea se dépêche de revenir vers la Plaza Doria

*

« – Vittoria, puis-je savoir pourquoi toi et ton frère forcez ainsi la porte de mon bureau ?
– Père, bous vous croyions mourant…
– Je ne paye pas une fortune en apothicaires pour être mourant Vittoria. Au regard des sommes que je leur donne, je devrais être immortel !
– Mais un accident est si vite arrivé ?
– Les accidents n’arrivent qu’aux faibles et aux femmes…»

Quelques longues minutes passent avant que Vittoria ne lâche le morceau. Cette fois-ci, c’est le père qui se retient de rire. Trouvant l’histoire bonne, il lui offre une belle pièce d’or pour le divertissement avant de la laisser partir. Alors qu’elle ferme la porte, elle entend le magistrat rire à pleine gorge.

Sautant sur son cheval, Vittoria court rejoindre ses camarades… mais Livio a tranché la sangle ventrale du harnachement et la jeune fille termine les quatre fers en l’air à l’entrée de la pizza Doria.

*

Après s’être raconté leurs péripéties respectives, les membres de la Spada Rossa décident de partir pour Chieso afin de rattraper les jeunes gens en fuite… avec plus d’une demi-journée de retard. Partageant deux chevaux à trois, toujours sans nouvelles de Ciro, ils font claquer les rennes contre les flancs de leurs chevaux alors qu’Andrea récite une poésie de circonstance, passent le poste de diligence sans s’arrêter et s’engagent sur la route qui longe le fameux Bois aux Papillons de sombre réputation, qui s’étend entre Bracce et Chieso.

[Voilà nos personnages enfin partis, mais avec un retard conséquent sur leurs concurrents et sur la personne qu’ils essaient de retrouver. Je suis légèrement mal à l’aise à ce moment car la suite du scénario indique quelques péripéties très très alléchantes à jouer, mais qui nécessitent que les différents groupes d’aventuriers se croisent, et donc aient à peu près le même timing. Il faudra donc que je trouve les moyens de retarder certains d’entre eux sans donner l’impression aux joueurs que je rattrape leurs bourdes. Ils ont trainé, pas de raisons qu’ils ne le payent pas.]

Rodomontades et bains de boue.
La chevauchée est longue et le manque de chevaux n’arrange pas le retard des compagnons, encore à plusieurs jours de Chieso. La campagne du consulat est assez florissante en ce début de printemps. Les cerisiers sont en fleur et les terres, fertiles promettent une belle récolte à venir. Seul, à l’ouest, le bois aux papillons jette une ombre inquiétante sur la contrée. On dit que sous ses frondaisons restent encore quelques-uns des monstres qui ont mis la contrée à feu et à sang il y a trente ans ; et que des esprits maléfiques se cachent dans les plus épaisses futaies.

Une paire d’heure après, l’équipe s’arrête dans un petit village en quête d’un cheval à acheter. Vittoria fait sauter s pièce d’or toute neuve dans sa main. Le village bourdonne littéralement d’activité, à en croire le bruit persistant qui encombre les esgourdes des cavaliers. Toute la population est rassemblée sur la place, autour d’une fontaine rudimentaire, perdue en palabres. Ils cherchent le relais, mais personne ne s’y trouve. Lucio, intrigué, rejoint la populace, qui s’est retournée à leur arrivée : une bonne centaine de personnes fixent les personnages du regard.

«  – Hé, que se passe-t-il ici ? lance Andrea
– … rien pourquoi ?
– Une procession, une cérémonie ?
Le paysan toise Andrea. Son regard s’arrête sur l’épée qui pend à son côté.
– Laissez tomber. Vous voulez un cheval ? prenez un cheval. Allez le choisir ; ils sont dans cette étable. »

Il montre une vieille grange un peu éloignée du village. « Il y a un truc louche », se dit Lucio alors qu’ils s’approchent du bâtiment, suivis par tout le village. Le bourdonnement s’amplifie. Les vieilles planches craquent.

« Compagnons, je crois que l’on vient de nous embaucher pour chasser une bête, constate Lucio, lucide.
– Pitié, ne partez pas, ne partez pas messeigneurs ! Personne n’a voulu nous aider… supplie un des villageois
Il s’accroche à la basque de Lucio
– Nous ne sommes pas à même de nous débarrasser de ce qu’il y a dans cette grange…
– Nous sommes vos hommes clame Lucio.
Vittoria et Andrea sont plus circonspects
– Et qu’y a-t-il de si terrible dans cette grange
– Oh, juste un nid de guêpes
– La Spada Rossa va terrasser cette bête terrible clame encore Lucio
– Ce n’est pas une bête, c’est un nid de guêpes, rétorque Andrea. Je te laisse faire, puisque tu es manifestement un spécialiste en guêpes. »
Et nos héros marchent fièrement vers la grange aux guêpes.

Plus ils avancent, et plus la situation leur apparait dans tout son potentiel foireux. La grange grince et on entend parfois des claquements, comme si des billes de plomb frappaient à pleine puissance les planches disjointes du bâtiment. Se retournant une dernière fois vers les paysans, Andrea constate leurs mines penaudes, et surtout les nombreuses bosselures ornant leur visage, comme autant de piqures de guêpes… piqures particulièrement gonflées et bleutées. Andrea dégaine son épée et propose doucement à ses compagnons à retraiter. Trop tard, le nom de l’école prononcé à voix haute, c’est désormais une question d’honneur. Excédé par les précautions de Lucio, Andrea finit par mettre un grand coup de pied dans la porte .

[Une belle connerie faite sous le coup de l’impulsivité: je leur rend une aubaine]

Un vrombissement énorme s’extrait de l’ouverture noire. Des centaines de guêpes grosses comme un pouce humain se précipitent à l’extérieur pour défendre leur nid. La tempête se déchaine. Tout le monde court se mettre à l’abri. Vittoria s’enroule dans une vieille toile pendant que Lucio et Andrea ont la course pour se jeter dans la fontaine. Lucio est pris de court et n’y parvient pas ; la place n’étant pas assez grande pour deux. Un combat s’engage dans la boue alors que les guêpes tourbillonnent autour du bassin et piquent tout ce qui dépasse de l’eau boueuse. Les habitants terrifiés se calfeutrent comme ils peuvent. Les guêpes se vengent sur les animaux. Le bétail se met à pousser des cris, les chevaux s’enfuient. Un chien hurle à la mort.

[Vent de panique: comment vont-ils parvenir à gérer cette foirade sans se faire tuer…]

Vittoria se fignole un costume d’apiculteur improvisé avec sa vieille bâche. Elle avance avec un brandon enflammé, mais les guêpes se pressent de plus en plus autour d’elles, la cognant violemment, bourdonnant à ses oreilles. Vittoria tombe au sol, lâchant sa braise. Andrea, débarrassé de Lucio, se précipite à la rescousse de son amie. Lucio lui se propulse sous une charrette de lisier, tentant d’y mettre le feu sans y parvenir, avec son briquet trempé. Andrea parvient à tirer Vittoria hors de tumulte. Le brandon enflammé se propage en flammèche le long des dernières brassées de paille mises au sec dans la grange…

[… en foirant encore plus fort, mais au cours d’une scène de baston dans la boue particulièrement fun! et durant laquelle les deux joueurs dépensent TOUTES leurs aubaines en futilités. Et tout le monde écope d’une blessure à force de s’être fait piquer.]

Deux heures plus tard, le ballet douloureux des guêpes s’est calmé. La grange brûle en une flambée joyeuse, envoyant ses étincelles sur tout le village. Nos amis se sont retranchés dans une baraque, trouvant dans le calme retrouvé la place de se quereller à nouveau. Le bras de Lucio a doublé de volume, et ses vêtements, comme ceux d’Andrea, ne sont plus que loques trempées. Les villageois réfugiés dans la même maison se sont mis à pleurer devant ce désastre. Lucio, excédé par les disputes, se résigne à sortir. Les guêpes ont disparu… leurs chevaux aussi, qui baguenaudent alentours, heureusement sains et saufs. Les villageois, hagards, sortent à leur tour de leurs maisons.

« Grâce à nous votre village est sauf, braves gens ! Viva la Spada Rossa », crie Andrea avant qu’ils lancent leurs chevaux au galop. Dans les champs alentours, alors qu’ils reprennent la route de Chieso, les cadavres nombreux du bétail. Le cheptel du petit village a été massacré. Pendant quelques heures, nos héros ne font pas les fiers.

« Quelle catastrophe as-tu provoquée Lucio ? » murmure Andréa. Vittoria ne l’écoute pas, elle n’est que douleur, toute contusionnée par l’assaut des guêpes.

Soirée entre amis au coin du feu

La nuit tombante, La Spada Rossa s’installe au bord d’un ruisseau, non loin des bois. L’occasion pour Lucio et Andrea de faire un brin de toilette. Mais à peine le repas pris, des bruits se font entendre et deux silhouettes fatiguées font irruption par la rivière. Salto et Torrino, les vêtements lacérés, l’air épuisé, entrent dans le campement de fortune. Les Lames d’argent ne semblent pas avoir eu plus de chance que nos amis. Trempés, frigorifiés, ils s’installent en faisant mystère sur ce qui leur est arrivés, à eux et à leurs compagnons. Le regard de Salto fuit Vittoria.

« Veuillez excuser notre état, dit Andrea, mais nous avons été attaqués par des brigands… une vingtaine au moins..
– Des brigands… oui, il y en a dans cette région, que je pensais calme, répond Salto. Mais nous avons affronté pire : une bande de gnolls sortis du bois aux papillons… une vingtaine, plus leur chef : un troll avec des yeux de braise.
– Et vous en êtes venus à bout ?
– Évidemment
– Comme nous de nos brigands. Ils étaient vingt, et fortement armés…
– Nous avons failli y perdre notre dignité…
– Alors que nous, dit Victoria, pas du tout ! »

Néanmoins, les effluves émanant des nouveaux venus semblent plus sentir le mauvais patchouli de bordel que la sueur des hommes-bêtes.

« – De notre côté, ce n’étaient pas une vingtaine de brigands, tente Lucio. Ils n’étaient pas une vingtaine… ce n’étaient pas des brigands du tout.
– QUOI ? Que racontes-tu Lucio, lance Andrea surpris.. et un peu trahi. Hein Vittoria, ils étaient une dizaine ?.. une vingtaine ? C’est pareil.
– C’était pathétique… et vous, que vous est-il vraiment arrivé ? »

Salto ne dit rien, mais il lance un regard compréhensif. Il finit par porter un toast à ceux qui sont restés en ville : Cyro et Dario.

La discussion change, mais Lucio continue de flairer Salto.
« Dis-moi, ton gnoll aux yeux de braise, il avait pas un décolleté pigeonnant par hasard ? »

Salto se met à table et avoue que Torino et lui se sont laissés emporter. Il raconte sa rencontre torride avec quelques naïades, esprits de la forêt plus agressives que prévu et qui ont essayé de les tuer une fois l’acte consommé. Ils ont passé toute la fin de journée à les fuir. Il scrute les buissons alentours avec une certaine angoisse. Une appréhension sourde naît quant au sort de Telenaïs.

[Dans le scénario de Snorri, six épreuves sont proposées pour agrémenter le voyage. Plutôt que de toutes les jouer et malgré leur qualité, j’ai décidé de les attribuer aussi aux utres groupes d’aventuriers. Ce qui me donne le prétexte rêvé pour les ralentir. Ainsi en est-il des nymphes rencontrées par une partie des Lames d’Argent]

Des tours de garde s’organisent, les deux bandes d’aventuriers ne se faisant pas confiance mutuellement.

Vittoria, profitant de la nuit, fiche une peur bleue à Salto en se faisant passer pour une Naïade revancharde. Salto Hurle de terreur avant de se rendre compte de la supercherie. [J’accorde une aubaine au groupe pour cette provocation de Vittoria totalement inutile mais très bien menée.] Tout le monde se recouche, sauf Salto et Lucio, qui reprennent la garde et discutent doucement. Salto avoue qu’il sait où est passé Ciro. Il raconte enfin qu’ils ont tenté d’empêcher leur sortie de la ville en laissant Dario Leroux, un membre de leur troupe, corrompre certains gardes. Ciro l’en a empêché en provoquant un esclandre à la Porte Majeure. Les deux hommes ont été arrêtés par la garde et collés en prison pour quelques jours. Salto finit par se rendormir en jurant de ne pas s’enfuir avec les chevaux…

Le matin vient qui trouve les aventuriers échevelés. La rancœur d’Andrea vis-à-vis de Lucio, suite à l’épisode des guêpes n’est pas tout à fait passé lorsque La Spada Rossa remonte à cheval et abandonne les lames d’argent. Torino et Salto accompagnent leur départ de vivats et agitent leurs couvre-chefs jusqu’à ce que les trois spadassins soient sortis de leur vue.

[ La fraternité entre bandes d’aventuriers est un des trucs qui m’a le plus plus à la lecture du Consulat. Il était important de faire ressortir cet aspect. D’où le comportement des Lames d’Argent et la résolution à venir du scénario. Et je dois avouer que ce contexte de compétition codifié et souvent amical est particulièrement agréable à jouer: on change de registre en permanence, passant de la menace à la fraternité, du drame à la comédie. C’est vraiment l’un des éléments les plus importants pour réussir à rendre l’ambiance de ces scénarios.]

Deux rencontres sur le chemin de Chieso

La journée est belle et alors que le bois aux Papillons se fait plus distant, l’atmosphère se relâche un peu et la joie revient un peu aux aventuriers, malgré les douleurs persistantes de Vittoria.

Au soir, alors qu’ils poussent la porte d’une auberge chaleureuse au cœur d’un petit village, ils découvrent Livio, le frère de Vittoria attablé devant un plat en sauce et une chope de bière. Vittoria s’esquive immédiatement pour couper la sangle ventrale du cheval de son frère… Manque de chance, son harnachement lui a été ôté pour la nuit. Elle trafique quand même les sangles de celui-ci.

Lucio et Andrea s’attablent devant Livio, qui les salue vaguement, sans les remettre. Ils s’assoient à sa table et les présentations se font dans les formes. Il ne peut s’empêcher de les tancer… L’histoire des brigands est racontée avec de nouveaux raffinements. Le sort des Lames d’Argent est évoqué avec une sincère inquiétude de sa part. Vittoria entre à ce moment et la conversation s’envenime quelque peu ; même s’il reconnait que le stratagème de sa sœur était amusant. Il offre une tournée à la santé des Lames d’Argent.

« Et nous boirons ensuite à la Spada Rossa : après tout, c’est derrière les lames d’argent qu’est sa place. » Les rodomontades recommencent et Livio jauge leurs intentions en tançant les bretteurs fatigués. Andrea ne peut s’empêcher de relever les liens familiaux entre Livio et Vittoria. Mais personne ne tire l’épée pour défendre un honneur légèrement mis à mal. De cette conversation qui tarde à finir naît chez Lucio une crainte sourde quant à l’avance des autres Compagnons de la roche. Décision est prise de partir au milieu de la nuit.

[ Livio n’apparaît pas dans le scénario originel. C’est un autre personnage qui occupe sa place chez les compagnons de la roche. Mais lors de la création des personnages, Vittoria a choisi un trait en rapport avec son frère; il aurait été vraiment dommage de ne pas s’en servir. Et ça a donné de bonnes choses avant tout parce que la joueuse l’a ramené dans l’aventure avec son stratagème de début de session. Là encore, le mélange de registre compétition/provocation a bien marché.]

Au matin, après quelques heures de route durant lesquels Andrea ressasse ses souvenirs de la Guerre contre les nomades, lorsqu’il est venu par ici la dernière fois, nos amis tombent sur une troupe nombreuse dirigée par un prévôt butté. Il faut toute la stature d’Andrea, en tant qu’ancien du régiment Bocanegra, très respecté, pour qu’on les laisse passer. Andrea négocie aussi l’arrestation de Livio en le disant dangereux.

[Une autre péripétie prévue dans le scénario, dont ils sont parvenus à se sortir par une solution originale, qui me permet de placer un petit morceau de background du Consulat, ravagé trente ans plus tôt par une guerre de libération successive à une invasion et une longue occupation par les nomades de l’est et tout un tas de sales créatures. Le joueur d’andrea embraye en évoquant le régiment Bocanegra.]

« Qui suis-je pour lutter contre l’amour ? »
Chieso est une bourgade bien plus modeste que Bracce. Bâtie sur une colline en pente douce au pied de laquelle coule une grosse rivière paresseuse, il reste chez elle un charme campagnard que ne viennent contredire que les tours et clochetons du prieuré d’Apollon et les flèches de l’église d’Aphrodite. Les ouvrages défensifs ont été envahis par le lierre et les fleurs blanches du liseron, et les soldats semblent plus alléchés par les denrées des marchands et les étals de pâtisserie au miel que concentrés sur la détection d’éventuelles menaces.

Nos compagnons décident de se séparer pour couvrir plus rapidement la ville. Lucio prend le chemin longeant les remparts, Andrea celui menant à la piazza où se dresse l’église d’Aphrodite, et Vittoria la rue escarpée menant au sanctuaire d’Apollon.

Alors qu’Andrea parvient au prieuré, une jeune femme brune, qui était assise sous une tonnelle couverte d’une glycine pas encore en fleur, se redresse, portant la main à son épée, et jurant « Par les couilles d’Apollon » alors qu’elle aperçoit l’ancien sergent des Bocanegra. Lucio, parvenu à la place par son chemin propre, surprend son manège… ainsi que celui d’une deuxième femme, blonde et plus distinguée, qui, à la terrasse d’une autre taverne, a remarqué le manège de la brunette, pas vraiment discrète. C’est la quatrième Lame d’Argent.

Vittoria, remontant quant à elle son chemin, parvient à la même place par un chemin plus long. Au bout de la place, surveillant aussi discrètement qu’il peut l’entrée du sanctuaire d’Aphrodite, un grand homme aux traits barbares portant une lame courbe. C’est Elzio Gülad, le chef des Compagnons de la roche.

[C’est le moment du final: tout le monde se place avant l’entrée en scène]

Andrea s’avance, déterminé, vers le prieuré. La brunette vulgaire s’avance derrière lui parmi les quelques étals encore sur la place. Lucio brise une amphore à coup de pierre pour tenter de prévenir Andrea sans se dévoiler. Mais ses blessures nuisent à sa précision.

« Estiladra, enfant de putain, c’est bien toi ? rugit la brunette, à une dizaine de pas d’Andrea »

Se retournant, Andrea n’arrive pas tout à fait à remettre la jeune femme qui ouvre les bras en s’approchant. C’est à trois pas seulement qu’il remet Lina Tabora, et la reconnaît comme une des Compagnons de la roche. Il mime la satisfaction… jusqu’à ce que la brunette tente de lui mettre un coup de genou dans les testicules. Déstabilisé, le vétéran esquive de justesse le coup.

« Hé ma belles, c’est fragile, fais attention
– C’est bien pour ça que j’y tape. Et maintenant en garde ! La prime est à moi et Telenaïs aux compagnons de la roche. »
Et elle tire sa lame.

La foule se met à couvert, mais tous sont attentifs. La femme blonde, suivie par Lucio, en profite pour se rapprocher de l’église.

« Un duel, un duel ! » crie-t-on dans les rues. Elzio se précipite avec Vittoria sur ses talons.

Lina n’est pas vraiment fair-play et place une botte d’entrée de jeu, qu’Andrea pare de justesse grâce à son poignard. Tirant aussi l’épée, les passes s’enchainent, le vétéran essayant de désarmer la donzelle, mais celle-ci tient l’échange et lacère un peu plus les habits de son adversaire, désormais le flanc à l’air.

Elzio court rejoindre son amie, mais Vittoria le distrait le temps qu’Andrea repère le colosse à lame recourbée.

« Deux contre un ? Enfin nous sommes à égalité ! »

[Les blessures des personnages les handicapent fortement. La jeune brune est également blessée, ça rééquilibre un peu, mais Elzio est intact au début du combat. Il garde l’ascendant un moment]

Usant de son sens tactique Andrea feinte la jeune fille avant de se jeter sur le colosse pendant que Vittoria réalise l’inverse et se jette sur la fille. Les bretteurs de la Spada Rossa, pourtant une école à la loyale, savent s’adapter à la situation. Andrea coupe le souffle d’Elzio d’un magistral coup de pied dans le ventre [qui prend un état « Souffle coupé », rééquilibrant à nouveau]. Vittoria esquive pour Dario un estoc rageur de Lina avant de faire voler son épée dans la fontaine.

« Ca va pas se passer comme ça salope » éructe-t-elle avant de se jeter sur Vittoria en essayant de la plaquer à terre.

Deux jeunes gens, dont une jeune fille ressemblant à Telenaïs sortent prudemment de sous un porche et sprintent en direction de l’Eglise. La Lame d’Argent fonce vers eux, toujours suivie de Lucio.

Interceptant les deux fuyards, la blonde pose sa lame sur la poitrine du tout jeune homme, qui tremble de tous ses membres. Telenaïs demande pitié à l’aventurière, qui reste inflexible : elle est là pour la récupérer des mains de celui qui l’a enlevée. « Il ne m’a pas enlevé, il ne m’a pas enlevé » supplie-t-elle alors qu’à quelques mètres à peine, la mêlée fait rage. Lucio sort de sa cachette et s’avance vers le petit groupe.

Vittoria esquive la furie, usant de son épée pour la narguer. Son adversaire enchaine les coups de poing sans parvenir à la frapper. Andrea a moins de chance : essayant de coucher Elzio d’un coup de genou à la figure, il se laisse attraper la jambe qui craque sous la poigne du capitaine nomade. Une douleur terrible envahit la jambe du vétéran. Vittoria récupère l’arme de son adversaire et l’envoie voler à l’autre bout de la place en la narguant. Lina, furieuse, court récupérer son arme en lançant une nouvelle bordée de jurons.

Lucio intervient « J’aimerais bien savoir, moi aussi le fin mot de l’histoire ». L’aventurière est déstabilisée, le godelureau sort partiellement sa lame et se jette sur elle, en la déstabilisant plus qu’en la menaçant vraiment. « Cours Telenaïs, va te mettre en sécurité dans l’église ». La jeune fille s’enfuit. Lucio essaie de la rattraper avant qu’elle franchisse la porte. A un pas du seuil, il ceinture la disparue et la soulève du sol.

« Jeune demoiselle, j’ai beaucoup d’affection pour votre mère. Dites-moi votre version de l’histoire, et faites vite !
– C’est un mariage d’amour, il n’y a rien d’autre à dire pour l’instant. Laissez-moi entrer dans ce sanctuaire. Pour l’amour de ma mère et par votre honneur de gentilhomme, laissez-moi entrer dans ce sanctuaire !
– Quel promis ?
Le gamin, toujours collé à la Lame d’argent, reçoit un grand coup de garde d’épée en travers de la figure. Des dents craquent, sa pommette éclate.
– C’est celui-là ?
Elle a un mouvement de tête affirmatif
– Qui suis-je pour lutter contre l’amour. Va donc, vole, je vais tâcher de te ramener ton promis.»

[Et c’était une très très chouette décision prise par le joueur qui m’ouvre ainsi un final réjouissant]

Elzio décide de se débarrasser d’Andrea pour récupérer Telenaïs. Andrea et Vittoria tentent de l’intercepter. Andrea ne parvient pas à lui planter a lame dans la jambe, mais Vittoria, jouant un numéro de comédie à sa manière, se jette dans ses jambes en criant pitié. Elzio ne sait que faire, empêtré qu’il est de cette peste. Andrea tente de lui cogner la tête, mais sa main s’écrase contre le plastron. Un air méchant se peint sur la figure du nomade.

Le promis de Telenaïs lutte encore vaguement, très maladroitement. La lame d’argent est très gênée : elle essaie de neutraliser le garçon sans le tuer, mais celui-ci passe son temps à se jeter sur son épée tant in n’est pas habile. Lucio profite du statu quo pour intervenir et tente de ceinturer l’aventurière. Mais la femme blonde n’est pas Tenelaïs et se débat violemment. Lucio et elle tombent au sol, se brisant le dos contre les marches du parvis.

« File gamin »
Ne demandant pas son reste, le gamin file et parvient à pénétrer à son tour dans l’église.

Gloire, honneur et menue monnaie
La mise en sécurité du gamin semble arrêter tout le monde. Elzio lève les mains en signe d’apaisement. La menace a quitté ses traits. Andrea sautille en se tenant la main. Vittoria se suspend à son bras « Vous ne voulez pas m’accompagner au temple d’Aphrodite ? » Gêné, il se débarrasse de la jeune fille et tend un mouchoir à Andrea en s’excusant de la dureté de son plastron. Les présentations sont faites en bonne et due forme. Coincés par la présence des jeunes gens qu’ils recherchent dans un endroit consacré pendant au moins une paire d’heures, tous les aventuriers décident d’aller boire un verre à la taverne aux glycines…

[On revient à cette idée de fraternité et de solidarité entre bandes d’aventuriers…]

Désormais attablés, les aventuriers échangent les raisons de leur présence ; les Compagnons de la roche n’ayant pas entendu parler de la Spada Rossa, Lucio et Andrea fournissent des éclaircissements. Andrea propose de partager la récompense en trois, mais personne n’est d’accord, car la gloire d’avoir réussi, elle, n’est pas partageable. La Lame d’argent propose, en l’honneur de l’histoire de la Spada Rossa, et en raison de ses difficultés présentes, de retirer sa troupe de cette mission en échange d’un service ultérieur. Une dette de plus, mais une dette d’honneur…

Elzio se range à l’avis de la blonde, refusant de se comporter moins honorablement que les Lames d’Argent, et propose la même chose de la part des Compagnons de la roche. La supériorité numérique de la Spada Rossa et les blessures de chacun n’ont bien entendu rien à voir avec cette concession, tout à l’honneur des deux groupes. L’accord est scellé par un verre de vin.

[… et ça donne une chouette scène qui m’ouvre plein de possibilités d’aventures ultérieures, pour régler ces dettes.]

Quelques heures plus tard, les eux jeunes gens ressortent mariés et heureux, malgré les commotions du jeune homme. Les aventuriers se dirigent vers eux. Leur air apeuré s’efface devant les vœux de bonheur de Lucio. Tous les autres aventuriers présentent aussi leurs félicitations.

Tout le monde décide de repartir à Bracce ensemble afin d’escorter le nouveau couple. En chemin, ils retrouvent Salto et Torino, festoyant ivres dans une auberge, très heureux de voir la joyeuse compagnie. Ils se joignent à eux pour le retour. Livio, en revanche, sera introuvable… et pour cause, il passe un mauvais séjour dans une geôle de Chieso. Trois jours plus tard, la compagnie est de retour à Bracce.

La Spada rossa s’est attablée à l’auberge de Gugliemo pendant que Lucio ramène Telenaïs et son mari tout neuf à Lysia Andres, cette fois-ci en passant par la porte. Telenaïs se jette dans les bras de sa mère circonspecte.

*

« Alors Lucio ?
– Ce ne fut pas une tache aisée, mais voici votre fille. Elle ets saine et sauve et il n’y a désormais plus aucun risque que Sanella Baldo la prenne pour une rivale.
Derrière la porte, le jeune époux tremble de tous ses membres
– Bien. Et comment as-tu fait le nécessaire ? demande Lysia.
Il fait un signe de tête à la jeune fille.
– Mère, je dois vous présenter quelqu’un…
Et filant à la porte, elle ramène son époux.

Lysa a un temps d’arrêt :
– Mais ce n’est pas Matteo Sangio ! … Et comment t’appelles-tu garçon ?
Un sourire couve sous son air sévère. Le garçon se présente
– Un mariage d’amour, soit. Ce ne peut pas être mauvais pour la famille… Allez donc jouir des fruits nouveaux de votre union. Laissez-nous, Lucio et moi.

Telenaïs s’enfuit en prenant son mari par la main, reconnaissante.
– Y avait-il moyen que tu l’arrêtes avant qu’elle épouse ce presqu’enfant ?
Lucio a un plissement de paupières :
– Qui suis-je pour m’opposer à l’amour ?
– Tu m’as rapporté ma fille. Tu mérites ta considération, la réputation de ton école et mon argent aussi. Allez, va rejoindre tes compagnons avec cette bourse, et reviens me voir ce soir… sans passer par la fenêtre. »
Lucio s’esquive sur un baisemain
« Et lave-toi avant de revenir ! » entend-t-il tout de même avant de disparaitre.

[Le scénario caractérise bien les personnages non joueurs, donnant plein de pistes pour les interpréter quoiqu’il advienne durant le scénario. Outre la facilité à improviser que cela procure, ça les rend tous hautement sympathiques. Dont acte avec Lysia Andres, qui, bien plus qu’une neutre commanditaire, devient une  personne sensible… et cela nourrit sa relation avec Lucio.]

*

Pass est sorti de prison, pestant de ne pas être de l’aventure. S’en retournant à leur salle d’entrainement, ils trouvent Rizzi, extrêmement surpris de leur retour. Il prélève quelques pièces dans la bourse et laisse la plus grande part de l’or à ses élèves.

« Allez boire cet or dans toutes les tavernes, et racontez bien haut cette histoire ! Faites la réputation de la Spada Rossa!
– Je sais ce que je vais faire cet or, dit Lucio. Je suis bien content d’avoir survécu à cette aventure sans avoir eu à en faire usage… » Il tire alors sa lame du fourreau et tous peuvent voir qu’elle a été brisée.

Les quatre compagnons, attentifs aux commandements de leur maître, filent dépenser leur or en libations et vantardises aux quatre coins de Bracce.

Mais les aventures de nos bretteurs ne s’arrêtent pas là: la suite est par ici!

Mon ressenti:

C’était super. Pas grand chose à rajouter tant le scénario a été joyeux à accomplir. Le système de résolution fonctionne bien, sans bruit, à l’arrière, et apporte son lot de péripéties, la base scénaristique écrite, comme je l’ai déjà dite, est riche, propice à l’improvisation sans être vraiment dirigiste. Mon seul regret finalement aura été de ne pas proposer toutes les épreuves de la route aux personnages. L’une entre autres, totalement surréaliste et impliquant un chat et un arbre qui parlent me faisait très envie, mais je n’ai pas eu le temps ni les moyens de la mettre en scène…

Du coup, hâte de revenir prochainement sur les terres du Consulat pour faire jouer la même équipe. La Spada Rossa possède bien des membres encore inconnus!

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3 réflexions sur “L’Escapade de Telenaïs 2/2 – Aventures dans le consulat 3

  1. Ping : De la visite d’un noble dispendieux à la belle société de Bracce – Aventures dans le Consulat 4 – La Partie du lundi

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