Où l’on en apprend plus sur l’ascendance de Lucio Zigarelli – Aventures dans le Consulat 7

Avec ce compte-rendu, on termine de donner à lire les événements de cette quatrième session de jeu particulièrement dense. On en apprend un peu plus sur la situation et nos compères règlent enfin une complication annexe. Une belle session, certes bavarde, mais riche en émotions et dense en informations qui méritait bien un gros compte-rendu bien détaillé!

 

verrou-fragonard
Lorsqu’on aventure son regard dans une chambre du Nid des Muses…

De deux bretteuses farouches et ombrageuses qui échangent des mots

La nuit est courte et bien désagréable, chacun, chagriné, rumine de son côté. Le lendemain, à la mi-journée, tous se retrouvent à nouveau au Sanglier borgne. Sanella Baldo entre, s’assoit à côté d’Estiladra et lui met un grand coup de poing dans les côtes. Estiladra avale de travers son gruau, ses côtes mises à rude épreuve alors qu’elles restaient encore froissées de son altercation de la veille. La bretteuse le regarde avec un sourire carnassier, amusée de l’effet de sa bourrade. Elle contemple la piteuse troupe, déplore l’absence de Ciro (qui n’a toujours pas reparu), lance quelques boutades à la cantonade et s’enquiert enfin de ce qu’il en était de cette petite enquête qu’elle leur avait demandé de résoudre.

– Malheureusement nous avons des choses plus importantes… commence Andrea
– Je sais que vous n’êtes pas contente mais…
L’humeur de Sanella se gâte.
– Vous n’êtes pas sans savoir ce qui s’est passé hier…
– Et en quoi cela vous concerne ? Son ton est déjà rageur
Vittoria lève la tête au bout de la table
– Le Compagnon de la Roche mort était un Scorta, précise Lucio
– Et alors ? Ils étaient pas de votre école ; ils étaient de chez Corrodi. Vous devriez être heureux de ce constat d’échec.

Vittoria renverse sa chope et soulève la table, de manière à ce que le liquide vienne couler sur les genoux de Sanella. La bière (dès le matin) dégouline sur le pantalon de leur commanditaire malvenue
– Faites attention ma petite, dit-elle d’un ton surpris par autant de maladresse
– Ne lui en tenez pas rancune, Vittoria a perdu son frère hier dit Lucio
– Signora Baldo, je crois que vous savez… nous sommes en deuil à la Spada Rossa. Et il nous faudra quelques semaines pour nous en remettre. Vous comprendrez que vos histoires de jouvenceau passent au deuxième plan, renchérit Andrea
– Je peux comprendre les deuils Estiladra, mais je ne comprends pas que mes affaires passent au deuxième plan.
– Faudra vous y faire… murmure Andrea … ce n’est pas qu’une histoire de deuil
– Mes parents ont donné beaucoup d’argent à la Spada Rossa pour que cette école moribonde survive. J’ai demandé un simple service.
– Est-ce que le terme « honneur » vous dit quelque-chose ?
– Oui, comme dans « honorer ses dettes ».
– Honorer ses morts, ça passe avant, Sanella Baldo. » Vittoria se décide à parler. « Et si tu es venue pour réclamer de l’argent le jour où moi je pleure, quel genre d’honneur tu respectes ? Et si tu es venue nous insulter à notre table alors qu’aujourd’hui pour nous est un deuil, quel genre de garce tu es ? »

[Devant le caractère emporté de Sanella, je demande un jet à la joueuse de Vittoria pour savoir si ses paroles calment ou excitent l’emportée bretteuse. Le jet est à 0 (un – à cause du caractère, un + parce que Vittoria a tapé fort). La joueuse fait jouer un aspect supplémentaire et lance 2 dés et garde le meilleur. C’est « oui et » qui sort : la peine de Vittoria cloue le bec de la bretteuse, bien honteuse d’avoir été rappelée à ses devoirs]

Un silence gêné s’installe à la table…

– Crois-moi, je ne voulais pas t’offenser. Il n’était pas dans mon intention d’offenser quiconque. Je comprends ce que peut représenter la mort d’un proche… Néanmoins, je remplis mes propres fonctions au sein de ma famille, et c’est ma famille qui vous fait savoir que la dette contractée envers la famille Baldo était pressante. Je te présente mes excuses, et je présente mes excuses à la Spada Rossa pour mon comportement et celui de ma famille ; mais le fait est que si vous n’apportez pas rapidement les réponses que je vous ai demandées, la famille Baldo retirera son soutien à la Spada Rossa.

[Rien de tel qu’un coup de pression supplémentaire après les avoir assommés la veille avec la menace de la famille Lauro. Cet épisode est construit comme une longue descente aux enfers qui devrait leur donner l’occasion de faire (ou pas) une remontée triomphale par la suite]

– Et c’est un soutien que l’école ne peut se permettre de perdre… soupire Lucio

Où l’on reparle d’un certain gentilhomme qu’on avait oublié

– Que veux-tu savoir ? Andrea reprend l’initiative. C’est un homme qui aime les prostituées et en même temps il drague les jeunes filles riches du coin.
– Et qui se trouve en deux endroits en même temps ajoute Lucio…
Mais Sanella semble très gênée et n’ose plus poser de questions
– Nous n’en savons pas beaucoup plus, à part qu’il traine avec des gens peu recommandables , dont un de tes cousins, je crois ?
– Un cousin et une cousine, oui.
– Oui, et il en profite pour draguer ta cousine. Et après ça, il va se sustenter d’autres femmes dans des endroits où… la femme est facile quand on paye.

Zigarelli relève un sourcil.
– Où est-ce qu’il traine m’avez-vous dit ?
– Au Nid des Muses. » Les excuses de Sanella semblent avoir calmé Vittoria.
Lucio prend un air de incrédule.
– Oh, oui… je vois que mon absence a causé grand tort à cette enquête ! que ne l’avez-vous pas dit plus tôt !

Sanella se retire en promettant d’essayer de calmer sa famille. Elle leur laisse deux jours pour régler l’affaire, après, elle ne pourra plus rien pour la Spada Rossa. Estiladra est dubitatif quant à leur possibilité à en dire plus.

Vittoria expire un grand coup après que Sanella est partie. Elle vient, en moins d’une journée, de dire leurs vérités aux deux femmes les plus puissantes de Bracce.

De l’ascendance de Lucio Zigarelli

Lucio s’interroge. Il hésite à parler de ces histoires intriquées à sa maîtresse, la puissante Lysia Andres. Peut-être saurait-elle de bon conseil ? Il sait aussi qu’il pourra être utile au groupe en se rendant au Nid des Muses. Il connaît bien ce bordel. Et pour cause, il y est né ! Et malgré des noms différents, Orsina Berarducci, la tenancière, est bien sa mère. [Le joueur avait sa mère, une mère maquerelle, sur sa fiche depuis le début, l’occasion était trop belle pour que l’on ne décide pas de renouer les liens et d’en faire la tenancière du Nid des Muses.] Il décide donc de s’y rendre de ce pas.

Estiladra, lui, veut se remettre à la poursuite du gamin qui lui a joué un si mauvais tour ; peut-être saura-t-il lui en dire plus sur le grand homme roux qu’ils pensent être Anconetti. Vittoria décide de l’accompagner.

 Lucio entre au nid des muses à l’heure honteuse où les clients de la veille qui ont sommeillé trop longtemps s’enfuient, masqués et mal reculottés. Dans la salle principale, quelques bourgeois croisés récemment par l’aventurier (quelques membres de la famille Andrès) sont déjà attablés pour déjeuner en accorte compagnie. Orsinna régente son petit monde en cuisine. Les filles de cuisine, d’anciennes prostituées devenues trop peu appétissantes au goût des clients, se jettent sur le petit Lucio pour le couvrir de leurs baisers et de leurs caresses. Même s’il a bien grandi, il reste l’enfant chéri de la maison. Lucio se laisse aller au plaisir des retrouvailles
«  De vraies mères, de vraies mères pour moi »

On l’installe à une table où les dames lui servent un plat roboratif. Le goût de l’enfance envahit Lucio, contrastant avec la cuisine de fine gueule des palais qui compose désormais l’ordinaire du bretteur. Orsinna s’est attablée à ses côtés, surveillant son fils pour voir s’il mange bien.
– Qu’est-ce qui t’amène par chez nous, tu n’es pas revenu juste pour le plaisir de voir ta vieille mère ?
– Oh, tu en doutes ? Oh, tu me fais peine.
– Allons, ne joue pas à ça avec moi
– Je ne peux rien te cacher, je ne me leurre pas un seul instant. Oh… je viens pour affaires, pour enquêter… Est-ce que le nom de Tirso de Sagliavocra te dit quelque-chose ?
– Oui, un jeune homme qui vient régulièrement dans la maison, depuis quelque temps. Beaucoup d’argent, à ce qu’on dit.
– C’est donc vrai, tout ce qu’on raconte ?
– Je ne saurais le dire, mais ses lettres de change ont l’air bonnes et ses garants solides.
– Il me semblait pourtant très épris d’une Baldo, et très aventureux d’ailleurs. Il serait regrettable qu’il ne soit pas un vrai gentilhomme. Enfin, entre toi et moi, nous savons tous que les…
– Oh, tu sais, comment c’est ici, ça n’a pas grand-chose avec l’amour.
– Oui, bien sûr, mais bon, je dois apporter des vérités ; prendre quelques garanties pour rassurer la famille Baldo.
– Ah, donc tu fais une enquête de moralité ?

Le terme ne plait pas à Lucio, mais il ne peut qu’acquiescer avant de demander plus de détails. Mais même avec la meilleurs volonté du monde, les mères maquerelles ne sont pas très curieuses sur leur clientèle.
– Mais est-il vraiment Tirso de Sagliavocra, est-il celui qu’il prétend être ?
– Qu’est-ce que tu veux dire identifié ? Tu crois qu’on tient des fiches sur nos clients ?
– Non, mais tu sais, ici, les gens viennent masqués.
– Lucio, s’il s’appelle Tirso, il s’appelle Tirso ». La philosophie de la maquerelle est imparable. « Il fait des lettres de change au nom de Tirso, c’est qu’il s’appelle Tirso. Il a des Sangio, des Lauro et des Baldo qui se portent caution pour lui ; il peut bien s’appeler comme il veut ! »

Lucio est désemparé. Il trouve le jeune homme imprudent, mais rien ne semble poser problème.
– Tu veux le rencontrer, propose Orsinna ? Il sera là ce soir, probablement, comme les trois derniers. Il apprécie l’hospitalité de la maison, surtout les activités de groupe.
– Je tâcherai de passer ce soir alors
– Et tâche de passer en cuisine avant d’aller le voir, tu es trop maigre. »
Mère et fils enchainent sur des bavardages plus légers.

De la dernière des compagnons de la Roche

Andrea et Vittoria trouvent Pino sur une place où se retrouvent les gamins en fin de marché pour chaparder des restes de nourriture aux marchands imprudents. Le regard de Pino croise celui d’Andrea et se met à fendre la foule pour s’enfuir. Vittoria démarre au quart de tour.

[jet de dés pour la joueuse de Vittoria pour savoir si elle le rattrape. Difficulté 0. Elle réussit « Oui »]

Pino fend la foule, bouscule un étal. Vittoria saute au-dessus de l’obstacle et attrape le gamin par le col.

– Pino, je ne t’en veux pas pour hier soir… mais tu me dois quelque chose pour que nous soyons quittes.
– Demande toujours.

Andrea donne la description d’Anconetti. Pino promet de venir le trouver dès qu’il aura les informations. Andrea lui demande aussi de se renseigner à propos de Lina Tabora (la troisième membre des compagnons de la Roche, désormais disparue), et surtout de trouver l’endroit où elle loge. Le gamin s’enfuit. Dans l’attente de réponses, les deux amis retournent au Sanglier Borgne. Les plaies d’Andrea méritent d’être re-pansées.

Pino reparait à la mi-journée. Il n’a rien trouvé sur Anconetti, mais connait la demeure de Lina. Il sait aussi qu’elle n’y est pas retournée depuis longtemps. L’adresse, non loin de la Spada Rossa, est située dans un quartier pauvre. Il signale enfin qu’un certain nombre de soldats surveillent la demeure.

La journée passe très lentement, la nuit tombe et personne n’a rien reparu. Lucio fait passer le message sur ce qu’il a appris au bordel. Il pense que les lettres de change parlent en sa faveur, mais il propose quand même de vérifier le temps d’une conversation informelle.

Avec l’obscurité montante, Andrea et Vittoria croisent un grand nombre de soldats dans le quartier où logeait Lina. La porte est sévèrement gardée. Alors que les spadassins avancent, Cortesi sort de la demeure. Estiladra avance à découvert en direction du nouveau magistrat. Cortesi monte à cheval, six hommes lui emboitent le pas quand Andrea arrive auprès de lui. Vittoria s’est fondue dans les ombres.

Les deux hommes se jaugent, Estiladra, comme à son habitude, provoque un peu son homme, prétend douter de sa légitimité à mener l’enquête. L’homme balaie ses récriminations d’un revers de la main.

–  L’impartialité ? clame le capitaine. Comme si c’était un gage de qualité. L’impartialité est une erreur, c’est une tare. C’est comme le manque de foi. C’est qu’on n’a rien pour se porter. Quand on ne se trouve pas un bon patron
– Un bon patron peut se retourner contre soi. »

Déboulant de derrière Andrea, Vittoria frôle les deux hommes et, de son couteau, essaie de couper la sangle du cheval de Cortesi.

[Jet pour savoir si elle y parvient, avec un malus (plein de témoins). Jet à 0 réussi « oui mais » ]

Le regard de Cortesi se pose sur la jeune fille, mais Estiladra l’occupe trop pour qu’il réagisse.

–  Je suis sûr que l’on va se revoir, Capitaine
– Vous pensez donc que cette enquête pourrait me conduire à vous ?
– Non. Mais je crois que le fait que vous soyez en charge de cette enquête va vous coûter plus que vous ne croyez. »
Cortesi lance un regard plein de morgue. La cicatrice au travers de son visage rougeoie légèrement. Les chevaux se mettent à avancer.

Au moment où elle passe le coin de la rue, Vittoria sent un bras la tirer dans une ruelle adjacente. Manquant de crier, Lina met sa main devant sa bouche, murmurant à son oreille, avec sa douceur habituelle « Tu vas fermer ta putain de gueule ! ». Vittoria acquiesce d’un hochement de tête. Lina la relâche avec un sourire. Lina ouvre une petite porte donnant dans une maison. Une petite pièce dont la fenêtre donne face à chez elle. A l’intérieur de la place, un couple de hobelins ont été ligotés et bâillonnés, mais relativement confortablement. Ils ont été posés sur un lit.
– M et Mme Santucci ont bien voulu me prêter leur appart le temps que les troubles se calment.
– Lina, ils n’ont manifestement pas accepté…
– Mais si ! N’est pas Monsieur et madame Santucci »
Les deux hobelins hochent la tête avec conviction (et un rien de nervosité… comme s’ils avaient peur d’être frappés.)
– Laisse-moi te dire que ce sont des manières…
– Ah putain, à la guerre comme à la guerre. Et puis on n’est pas là pour se faire des leçons de morale.
– Bon, qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi nous avez-vous demandé de retenir ces gens à la Chocolaterie.
– C’était un putain de contrat qui s’est putain de mal passé. … Mais dis-moi… Ton frère… il est vraiment mort. »
Elle a déjà les larmes au bord des yeux. Vittoria se met à trembler.
– Ok, ça va, pas la peine de me répondre, j’ai compris.

Elle enchaine sur sa perception de la journée funeste. Il ne devait y avoir personne dans la chambre, ses deux camarades auraient dû être tranquilles, mais tout n’a pas fonctionné comme prévu… Le récit est partiel, Lina n’était pas avec les autres et n’en sait pas vraiment plus. Elle confirme que les suspects étaient bien des marchands de l’Astragale. C’est leur chambre qui a explosé. Elle n’a aucune idée d’où ils peuvent être. Ni Elgio d’ailleurs. Lina est à deux doigts de craquer. Au bord des larmes, elle suggère d’enquêter aux locaux de l’Astragale.

D’un imposteur démasqué

Le Nid des muses est bondé ce soir. Suite à la catastrophe, le sénat de la ville a décidé de fermer l’opéra une semaine, en honneur de la ville meurtrie. Mais le Nid, lui, ne ferme pas, pas même en temps de guerre, et ils sont nombreux à s’y être déplacés ce soir. On pourrait, en contemplant la grand-salle, penser à une journée comme les autres. Le vent frais ramène à l’intérieur l’odeur des aromates du jardin, la compagnie est joyeuse et déjà, alors que la soirée commence à peine, l’alcool coule à flot et des couples s’en vont trouver une place à l’écart.

«  C’est un établissement qui ne plie pas devant la menace, qui sait ouvrir les bras grands et combler les cœurs » se dit Lucio en arrivant. Il rôde un peu, passe par la cuisine et s’enquiert discrètement de la présence de Tirso de Sagliavocra dans les lieux. Au bout d’un moment, on lui annonce la venue. Dans un grand salon, les libations vont bon train. On lui désigne le gentilhomme. A la faveur d’une gorgée de vin, Tirso relève son masque, révélant son visage aux yeux de Lucio.

Andrea regarde le capitaine Cortesi partir, sa selle qui tangue dangereusement… Il sait que, passé le coin, la rue est en pente et que l’ancien militaire aura une bonne surprise. Deux gardes sont restés en faction devant la maison. Vittoria ressort négligemment à cet instant. Tout conduit nos amis à l’astragale. Ils préfèrent cesser leurs recherches pour l’instant.

Lucio, lui, n’hésite pas. Reconnaissant deux jeunes gens de bonne famille dans la compagnie de Tirso : Giaccino Lauro et Sirino Baldo. Ils sont déjà sérieusement altérés par le vin et ont réclamé un nombre important de filles pour s’occuper d’eux. La mère maquerelle prie son fils de ne pas faire d’esclandre devant la clientèle. Lucio est d’accord, il a un plan : il demande aux filles de le faire boire un maximum, afin qu’il puisse l’assaillir aux latrines.

Cela ne tarde pas, un quart d’heure plus tard, le jeune homme s’éclipse. Sortant son outillage près du trou réservé à cet usage, à l’autre bout du jardin aromatiques, il est surpris par Lucio qui lui balance un puissant coup de pied au cul, l’envoyant valdinguer dans le décor.

[Jet à « + », que Lucio rate. Il dépense une aubaine pour un « oui mais »]

Tirso bascule dans un buisson. Il se relève et adopte une position défensive, de l’autre côté du buisson. Le masque a glissé, laissant apercevoir le bas du visage et, détail anodin pour qui n’aurait été Lucio Zigarelli, révélant une petite tache de naissance lui donnant une idée de la réelle identité du prétendu noble de Sagliavocra.
– Ça va ? Tu me remets, bec à foin ? lance Lucio à son adversaire tremblant.
– De quoi parlez-vous ? vous vous comportez bien mal par devers un noble qui vient… qui vient prendre du bon temps dans votre ville.
– Arrête ton baratin, ça prend pas avec moi. Je vois que t’as progressé ? Tu vois gros, t’as réussi à mettre la main sur des lettres de change.

Un vent de panique souffle sur Tirso.
– Et qui êtes-vous pour me demander cela ?
– Je vais te rafraîchir la mémoire ! Et Lucio de sauter par-dessus le buisson, mains tendues vers l’imposteur.
[nouveau jet : « non mais »]

L’imposteur fuit devant l’assaut, mais le masque tombe et quelque chose dans son physique change. Il parvient à retourner dans la pièce principale
« Stoppez le pendard » hurle Lucio avant de débarquer en pleine orgie.
– Sirino, Giacino, à l’aide ! gémit-il
Mais ses deux compères ne semblent pas le reconnaitre
– Hahaha, la chance tourne, charogne, hurle Lucio.
Les deux damoiseaux se lèvent pourtant et s’approchent.
– Messieurs, reconnaissez-vous cet accoutrement ? Cette trogne n’a plus rien à voir avec le beau visage de votre ami lorsqu’il est entré ici !

Sirino Baldo, d’une main légère, dénoue le ruban de soie attachant la poignée de son épée, signe pacifique et sésame à l’accès au bordel.

Lucio soulève l’imposteur par les cheveux, arrache le masque et crie à l’assistance « Contemplez !»

Les deux compères tombent en arrêt : le visage n’a plus rien à voir avec celui de leur ami Tirso. La face finement aristocratique et vaniteuse a laissé place à un nez épais, des joues tombantes et le nez fuyant d’un grand gamin pas bien beau ni distingué. Personne ne comprend, l’assistance commence à le prendre mal. Lucio tempère les commentaires acerbes, voire mauvais des deux nobles.

« Ne vous inquiétez pas, c’est un importun. Tirso de Sagliavocra est ailleurs, nu comme un ver, et il passe du très bon temps ! »

[Nouveau jet de dés requis. Le joueur de Lucio joue son aspect « Je suis né dans un bordel » : il lance à « + » et échoue]

– Monsieur, votre humour est de très mauvais goût et nous voulons savoir où il se trouve pour prendre du bon temps avec lui. Et relâchez ce pauvre bougre qui ne vous a rien fait et que vous traitez bien mal. Tout le monde doit passer une soirée agréable.
– Mais c’est mon complice, tout ceci est un tour de prestidigitation ».
Et un nouveau coup de pied vient fleurir l’arrière-train de l’imposteur qui se met à hurler « Tu vas payer Zigarelli, tu vas payer ! ». Sirino Baldo menace de tirer l’épée.
– Monsieur, plaide Lucio, ne faites pas quelque chose que vous pourriez regretter
– Alors ne faites pas quelque chose qui me forcerait à faire quelque-chose que je pourrais regretter.
– Voyons monsieur, nous sommes dans un lieu saint…
– C’est un bordel !

Et Sirino Baldo tire son épée, bientôt suivi de Giaccino Lauro.
– Ici, on ne croise pas le fer, on s’étreint ! Oh maman… désolé maman.

Lucio sort la sienne… d’épée. Il tient toujours l’imposteur de sa main libre : la situation s’annonce tendue. Il envoie l’imposteur à une servante qui l’évacue et le met au secret. Les deux nobles, s’impatientant, lancent une attaque un peu lâche à Lucio occupé par ailleurs.

Les passes s’enchainent au milieu des clients qui fuient.  Lucio fait claquer la tenture protégeant la fenêtre pour se défendre, enrobant les lames de ses adversaires dans le velours. L’aisance de Lucio ne fait qu’attiser la colère des deux jeunes gens. Maîtrisant l’un des deux jeunes gens, à terre, affalé, l’autre se précipite sur le bretteur de la Spada Rossa. « Rends nous notre ami, kidnappeur ! ».

Echangeant paroles autant qu’horions, Lucio parvient à semer le doute dans l’esprit de ses adversaires. Il révèle la véritable identité de l’imposteur : un illusionniste du nom de Roman Tirodias, qu’il connait de longue date, et dont les tours sont inopérants sur lui (il a eu affaire à lui il y a longtemps alors que le coquin avait singé son apparence). Les deux nobliaux en restent ébahis. Lucio leur propose une confrontation avec Tirodias. Les deux jeunes gens acceptent de reporter le duel pour tirer cela au clair.

[Ultime jet pour savoir si Roman est toujours dans le lieu ou s’il s’est enfui. Le joueur de Lucio part avec un handicap. « Non Mais ». Il dépense une aubaine pour passer à « Oui mais »]

Dans la chambre, ils surprennent Tirodias en train d’essayer d’enjamber la fenêtre qu’il a réussi à forcer. Il hésite un instant à sauter

« Fumieerr » hurle Lucio qui rattrape le coquin de justesse.

Tirodias se contorsionne par terre, il implore la pitié de son auditoire. Toute trace de distinction a quitté son village. Il sort une histoire peu convaincante, raconte comment il a trouvé une lettre de change sur un cadavre et qu’il a décidé de prendre le nom de la personne à qui elle était destinée. Sa lettre lui a permis de s’introduire en société, mais sa fortune fictive est finie depuis bien longtemps et il vit depuis plusieurs jours sur les garanties de ses cautionnaires… qui ne seront jamais remboursés, faute d’argent. Il jure ses grands dieux que ce n’est pas vraiment sa faute. Le jeune Baldo le prend très mal et sort l’imposteur en le tirant par le col, déterminé à lui faire affronter la vindicte de sa famille, et de Sanella en premier lieu. Et l’on embarque Roman Tirodias.

A suivre…

Mon ressenti:

C’était une superbe partie, avec moins d’envolées drôlatiques que les précédentes (sauf avec la scène de bordel finale), mais avec de vrais moments d’émotion: le début, Vittoria chancelante, et surtout dans les confrontations du personnage avec les figures d’autorité, qui auraient pu dégénérer, mais qui ont été à la fois bien gérées en jeu et par le système.

Comme Zigarelli n’était pas là lors de la session précédente, je lui avais donné un petit avantage de jeu, celui de toujours pouvoir reconnaitre Roman Tirodias, et donc il lui suffisait d’apercevoir le visage deTirso de Sagliavocra pour découvrir la supercherie. Mais beaucoup de choses restent encore en suspens, concernant le complot et la vengeance à exercer.

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Une réflexion sur “Où l’on en apprend plus sur l’ascendance de Lucio Zigarelli – Aventures dans le Consulat 7

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