L’odeur des marécages – Aventures dans le Consulat 9

La suite des aventures de la Spada Rossa. Nous avions laissé Vittoria en pleine tentative d’infiltration dans l’Astragale alors qu’Andrea, par des moyens plus civilisés, avait déjà découvert les informations nécessaires. Ciro et Lucio, quant à eux, avaient mystérieusement quitté la scène pour vaquer à d’obscures occupations…

ufficio
Ufficio, la perle des marais

Les états d’âme de Zigarelli

Pass réussit à rattraper Zigarelli et lui demande de s’expliquer. Zigarelli s’arrête à peine. Pass finit pas lui poser une main sur le torse pour l’empêcher de continuer

– Arrête-toi, qu’est-ce qui se passe ?
– Tu me le demande vraiment ? Est-ce que tu as vu notre danseuse [Vittoria] ?
– Notre danseuse ?
– Te fais pas plus bête que tu n’es. Elle est accablée par la culpabilité, elle étouffe. Je ne l’ai jamais vu comme ça, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.
– Et alors, tu t’en vas pour…
– … pour lui rendre ce qu’elle a perdu.

Le silence tombe
– Laisse-moi passer reprend quand même Lucio
– Et si c’est un leurre ? avance Pass
– Si c’est un leurre, ils prendront mon coup de pied au cul.
– S’ils ressuscitent son corps mais pas son âme ? Comment es-tu sûr qu’il reviendra comme avant, Livio ?
– Qu’est-ce qu’on a à perdre ?
– Peut-être qu’on lui rendra pas son frère, peut-être qu’elle va-t’en vouloir… parce que tu as détruit le souvenir qu’elle en avait.
– J’en sais rien. J’en sais rien… mais c’est tout ce que j’ai. C’est les Baldo, c’est pas leur genre de plaisanter avec ça ! Ils gardent ça pour ceux de leur sang, t’imagines !
– Mais justement, on est qui nous ? Pourquoi ils feraient ça ?

Les deux hommes échangent encore longuement, Zigarelli touché, Pass méfiant. Mais rien n’y fait, aucun ne plie. C’est à ce moment qu’une troupe en arme précédée par le capitaine Cortesi passe à portée de nos amis sans faire attention à eux. L’escouade semble se rendre à l’hôtel de l’Astragale. [Il y a de petites fluctuations temporelles ici, le Capitaine ne peut pas déjà être au courant de (et donc réagir à) ce qui se passe à l’intérieur de l’Astragale… mais j’ai besoin de lui pour intensifier le drame… Je décide à postériori que sa venue coïncide à l’interrogatoire de routine des gens de l’Astragale liée à l’affaire de la veille.]

La troupe contourne les deux hommes, qui s’échangent un long regard…

Cris et cascades à l’Astragale

Après une vaine course poursuite dans les couloirs, Vittoria se retrouve quasi acculée dans un couloir. A chaque bout, deux hommes vindicatifs lui crient de s’arrêter. Les deux groupes avancent, l’étau se resserre.

Vittoria détache son fourreau et le dépose à terre, en signe d’apaisement. Les gardes n’ont ps encore sorti d’armes, mais portent un gros gourdin à la ceinture.
– A terre, dans le couloir maintenant !
– A terre ? Vous pensez vraiment que je peux vous menacer, plaide Vittoria ?
– A terre, je ne le répèterai pas, lâche l’un des gardes en saisissant son gourdin !

Dans son dos, Vittoria sent la porte ouverte, le bureau, et la fenêtre derrière… elle n’aurait qu’à courir très vite et se jeter dans le vide… deux étages d’ici le sol et peut-être une charrette pour se réceptionner.

Toujours concentrée sur la fenêtre, Vittoria avance dans le couloir, s’accroupit et place ses mains au sol. Les gardes se détendent insensiblement. Elle leur lance un regard terrifié de rongeur pris au piège.

Puis d’un bond, récupérant son épée d’un mouvement fluide, elle se jette dans la pièce, claquant la porte derrière elle. Tenant son fourreau devant elle, comme en protection, elle  grimpe d’un bond sur le bureau et se propulse par la fenêtre. Le verre et le bois explosent autour d’elle, tout bouge alors qu’elle entame la chute…

[Jet de dés, j’attribue un malus à la joueuse de Vittoria. Elle joue un aspect « Je n’ai jamais connu le vertige ». Elle ne lance donc qu’un dé et obtient un « Oui et ». Un super résultat pour une action osée et cinématographique !]

… mais rien ne semble devoir amortir la chute, et alors qu’elle ouvre les yeux, Vittoria sent la peur monter le long  de sa colonne vertébrale. Elle tend le bras, à la recherche d’un secours hypothétique, et sa main trouve celle d’Estiladra, qui surveillait la scène depuis l’étage d’en dessous. La jeune fille se réceptionne le long de la façade avec les pieds et Estiladra la tire à l’intérieur « Mais t’es lourde en fait ! ».

Les gardes sont complètement désorientés par ce qui vient de se passer, cherchant dans la cour la jeune fille qui semble s’être volatilisée.

Estiladra attrape le bras de Vittoria et se comporte comme un visiteur repartant naturellement de sa transaction, avec sa compagne à ses côtés. L’état d’alerte général est lancé, des gardes s’agitent dans tous les sens. Alors qu’Estiladra et Vittoria sortent enfin de la cour, les grandes portes sont fermées en attendant que la garde remette la main sur la voleuse… en vain.

C’est à ce moment que Cortesi et ses troupes parviennent sur l’esplanade devant l’hôtel. D’un geste hardi, Estiladra saisit Vittoria par la taille et le cou, la renverse légèrement et l’embrasse, empêchant ainsi le capitaine Cortesi de les reconnaitre.
– Alors comme ça je suis lourde mais embrassable quand même ? Lancera tout de même Vittoria alors qu’ils s’enfuient discrètement.

L’Astragale ouvre les portes en catastrophe, la troupe de Cortesi pénètre dans la cour
– Vittoria, je sais où sont partis ceux que l’on poursuit : ils ne sont plus à Bracce.
– Comment ça ?
– Ils sont repartis.
– Loin ?
– Ils sont allés à Ufficio. Si on se dépêche, on pourra les rattraper, ils ont une journée et demie d’avance.
– Il faut qu’on parte tout de suite, décide la jeune fille.
– Est-ce que tu ne veux pas ramener ton frère à la vie ? Si nous partons à la poursuite de ces hommes, il sera peut-être trop tard pour le ramener. Je ne sais pas quelle magie possèdent les Baldo… mais je suis assez sceptique quandt à la proposition de Sanella. Mais toi, que veux-tu ?
– Mais je ne sais pas ce que je veux.
– Il va pourtant falloir choisir.
– Mais je sais ce qu’on fait habituellement : on ramène le corps, on fait la toilette, on fait son deuil et après on provoque en duel celui qui l’a tué, c’est comme ça que ça marche…
– Mais là il y a un autre choix… on n’est plus dans l’habituel.
– Je sais pas ce que je veux Andrea… Je ne sais pas.

Après encore quelques paroles, il est convenu d’aller demander l’aide de toute la Spada Rossa pour retrouver les assassins de son frère.

Zigarelli choisit pour les autres

Pendant ce temps, Pass se rallie aux vues de Zigarelli quant au frère de Vittoria. Mais Zigarelli veut faire les choses seul. Les deux amis tergiversent encore quant aux décisions à prendre. Finalement, ils partent en direction de la salle d’escrime de l’astragale où, en cette fin de matinée, Sanella doit être en train de corriger quelques apprentis escrimeurs. C’est d’ailleurs exactement ce qu’elle est en train de faire lorsqu’ils entrent. Alors qu’elle se dirige vers le tonnelet de bière pour se désaltérer, Zigarelli l’intercepte.
– Tu ne peux plus te passer de moi Zigarelli ? Je croyais que tu fréquentais le lit des Andres ?

Zigarelli n’est pas d’humeur et le montre fort.
– D’accord, d’accord.

Sanella prend Zigarelli par le bras et le tire à l’écart. Ciro suit.
– Vous êtes venus avec un cadeau tombé du ciel, il y a peu. Et vous n’êtes pas femme à monter une telle fable, n’est-ce pas ?
– effectivement, mais je ne comprends pas trop pourquoi tu viens m’entretenir de cela au milieu d’un lieu public
– Parce que le temps presse et parce que Livio…
– … Ne prononce pas ce nom, et pas dans un lieu public !

La poigne de Sanella sur Zigarelli se fait douloureuse. Elle regarde de droite et de gauche, hèle un serviteur et demande à emprunter une sale d’entrainement dans laquelle elle tire Zigarelli, toujours flanqué de Ciro.
– Elle tient toujours cette offre ? Qu’est-ce que ça coûte ? Est-ce vraiment par pure bonté d’âme que vous proposez de ramener son frère à la vie ou… il est là comme un cobaye ?
– Déjà Zigarelli, ce n’est pas à toi que j’ai fait cette offre. Et ensuite… tu douterais de la véracité de cette offre ? Dis-le-moi clairement si tu ne crois pas en ma parole ! Dit-elle agacée.
– Comprenez que c’est difficile à avaler. On voit bien des prodiges… mais rendre les êtres chers, c’est un miracle divin !
– Précisément.
– Ne vous méprenez pas, précise alors Ciro. Lucio est un peu maladroit dans ses propos. On vient de la part de Vittoria et on aimerait savoir le processus… de quoi vous avez besoin
– Le processus ne vous concerne pas. Pour le reste, ma parole devrait vous être garante de la validité de cette offre. A partir du moment où Vittoria a donné mon consentement, je m’arrangerai pour récupérer le corps de Livio et faire le nécessaire. Les obsèques auront lieu demain et le corps sera brûlé. Il n’y aura rien de plus à faire alors.
– Son père n’est pas au courant, vous saurez procéder auprès de lui ?
– Je m’en débrouillerai.
– Alors la réponse de Vittoria est oui, avance Lucio, en évitant le regard de Ciro… Ciro qui s’apprêtait à dire la même chose.

La Spada Rossa part en chasse

Vittoria et Estiladra ne retrouvent personne à l’auberge du Sanglier borgne. Ils se rendent donc à la Spada Rossa, afin de demander à leurs camarades Ellana et Aurelio de les aider à affronter les assassins en cavale. Le temps presse désormais.

Maitre Erardo Rizzi donne cours dans l’ambiance maussade qui semble avoir contaminé toute l’école. Voyant Vittoria pénétrer la salle, maître Rizzi lui serre la main et laisse la jeune lui expliquer ce qu’elle compte faire. Elle parle de son désir de partir à Ufficio pour se venger, et il appuie son idée, malgré tous les troubles qui risquent alors de secouer la Spada Rossa.

La Spada Rossa se met en ordre de bataille. Zigarelli et Ciro Passeri rejoignent le groupe et tout le monde, Ellana et Aurelio compris, se prépare à partie en course.

Andrea sépare en deux le contenu de la bourse donnée le matin même par Sanella, conservant de quoi changer régulièrement de chevaux dans les relais de poste. Il lance le reste à maître Rizzi, pour les caisses de la Spada Rossa. Quel que soit le destin de nos héros, l’école tiendra encore quelques temps grâce à l’argent des Baldo.

Ufficio est une grande ville en fin de route, à une semaine à l’est de Bracce. Elle étale ses canaux putrides au bord des grands marais de Maïale, et est surtout connue pour ses industries de teinture et de tanneries. C’est une cité active, très active, qui s’étale, lascive et embourbée qui étale sous la lune quelques palais magnifiques, teintés du blanc et du vert qui conviennent bien aux marécages. C’est aussi à quelques encablures au large, jouxtant la partie sauvage des marais que se trouve le siège de l’Astragale, dans une vaste ile fortifiée dont on ne sait si elle se trouve encore vraiment au Consulat.

Nos héros prennent la route à bride abattue, crevant quasiment les chevaux sous eux, changeant de monture à chaque relais de poste. Leurs poursuivants ne semblent pas rattrapables : ils ont l’air d’avoir adopté la même stratégie.
– On dormira quand on sera mort. Zigarelli rend ses mots à Estiladra alors qu’il mène la course en tête.

Cinq jours de cavale avec à peine quelques moments de repos où la troupe tombe épuisée sur un grabat avant de reprendre la poursuite. L’écart se resserre, mais les poursuivants semblent avoir toujours un coup d’avance. Au matin du quatrième jour, seule une demi-journée sépare les deux troupes… Mais dans la nuit, l’odeur pestilentielle des marais se fait sentir.

Au matin du cinquième jour, les dômes d’Ufficio se découpent sur le soleil levant. Au gué, on informe la Spada rossa qu’une troupe de l’Astragale les a précédés d’une demi-heure. Nos héros lancent leurs chevaux à fond de train jusqu’aux docks d’Ufficio, en espérant pouvoir coincer la troupe adverse avant qu’elle ne puisse passer le bac qui mène à l’ile de l’astragale. Peine perdue… alors qu’ils parviennent sur le quai, le bac est déjà bien engagé et leur a pris cent mètres d’avance.

Interception et déception

La barge glisse doucement sur les eaux calmes. Les chevaux qu’on a chargés dessus ne bronchent pas. Aucune silhouette ne se découpe, mis à part celle de l’unique rameur placé à l’arrière de la barge et qui s’active doucement. Pas un bruit n’anime ce début de matinée claire. Quelques pêcheurs préparent leurs barcasses, montent leurs filets à bord et se préparent à partir.

Estiladra réquisitionne un bateau et un homme. Les chevaux sont laissés à la garde d’Aurelio et Ellana. Les quatre autres sautent dans une barque et se mettent à ramer le plus vite possible pour rattraper l’embarcation. C’est à l’ombre de la forteresse de l’Astragale qu’ils prennent enfin pied sur la barge. Contournant les chevaux et de lourds paquetages, Estiladra et Vittoria tombent nez à nez avec… un jeune homme blond et longiligne et un hobelin relativement svelte, à la large chevelure Brune. Personne qui corresponde à la description d’Anconetti. Estiladra demande au rameur de faire demi-tour. Le jeune homme en nage acquiesce. Vittoria hurle « Anconetti ! » cherchant l’ennemi du regard.

Le hobelin, caché derrière une malle,se met à gueuler :
– Il est pas là ! Il est parti !
– Il est parti où ? Vittoria s’approche, menaçante
– On en sait rien !
– Répond, saleté de petit bonhomme !

Le blond, Lodovico Olmi, reste impassible, assis sur un le coffre derrière lequel se cache le hobelin, Michka Séféris.
– On peut discuter ? Ou vous allez déjà essayer de nous tuer, demande-t-il
– On va d’abord discuter, lance Estiladra qui s’est approché
– Je crois qu’on devrait discuter à l’astragale directement
– Non, on va discuter sur cette barge plutôt. Allez, parle !

Vittoria est sonnée. Une semaine de poursuite, et son ennemi n’est pas sur la barge, ses repères s’effondrent.
– Ecoutez, on sait pas qui vous êtes, reprend le hobelin, mais on se doute que vous ne nous voulez pas du bien et… et… on veut pas d’histoires nous.
– Alors dis-nou où est Anconetti alors, menace Vittoria
– Je… on sait pas où il est.
– Comment ? Il n’est pas parti de Bracce avec vous ?
– Si, il est parti avec nous mais… il nous a laissé en plan et a biffurqué vers le sud il y a une demi-journée.
– Y’a quoi vers le sud ?
– Y’a rien… les marais, c’est tout.- Qui étaient les commanditaires ? Relance Estiladra
– Commanditaires de quoi ?
– Votre feu de joie ! complète Zigarelli.
Le Hobelin est très pâle.
– Ah mais nous on y est pour rien, c’était probablement un accident
– Pourquoi vous balladiez-vous avec de la poudre au cœur de Bracce ?
Olmi, le blond relève soudain la tête :
– Parce qu’on en vend !
– Et en quoi ça intéresse les Lauro.
– Secret professionnel, murmure le blond avec un sourire.
Ciro le frappe au visage avec la poignée de sa rapière. Olmi se relève, jette un long regard à Ciro tout en se taisant. Le hobelin s’est roulé en boule derrière sa caisse en murmurant « je savais que ça allait mal tourner… je savais que ça allait mal tourner… je savais que ça allait mal tourner »

Les tergiversations continuent, mais personne ne sait vraiment ce qu’Anconetti est allé faire au sud. Même pour ses camarades, l’homme semble être un mystère. Le blond reste peu bavard, fustigeant par moment son collègue de l’être trop. D’une manière générale, ils disent ne pas cautionner les actes de leur camarade, et ils le chargent de tous les problèmes advenus.

Alors que la barge s’approche du bord, Vittoria, lassée, reprend la barque et se fait amener aux chevaux. Puisque personne ne fait rien, elle va prendre les devants, une fois de plus, et se jeter dans la poursuite, au sud, dans ces marais qu’elle ne connait pas. Tant pis si elle doit s’y perdre, la vengeance guidera ses pas. Ellana tente bien de la raisonner, la jeune Scorta la renvoie sèchement à sa place.

Pendant ce temps sur la barge, Estiladra, tentant de rattraper Vittoria, monte sur un cheval et le lance à l’eau pour devancer la barge.

[Un jet que le joueur d’Andrea réussit haut la main]
D’un mouvement fluide mais trempé, il reprend pied sur le ponton. Ciro et Zigarelli ligotent les deux hommes, mais Zigarelli, ne voulant pas laisser tout le crédit héroïque à Estiladra, essaie de faire comme l’ancien soldat.

[Un jet que le joueur de Lucio échoue haut la main]
Montant sur le dernier cheval, il le jette à l’eau, mais la bête, trop chargée et mauvaise nageuse coule comme une pierre. Dépité, Zigarelli se hisse sur la barge et attend que le rameur les fasse accoster.

L’énergie du désespoir

Andrea a réussi à s’interposer devant Vittoria et a pris sa bride dans ses mains.
– Qu’est-ce que tu fais ?
– Où vas-tu Vittoria ?
– Tu l’as entendu comme moi, il est parti au sud, donc je vais au sud !
– C’est des marais le Sud. Il peut être n’importe où.
– Il en sait pas plus que nous, cet Anconetti : il a piqué au sud parce que c’est… c’est le premier truc qui lui est passé par la tête.
– et alors, c’est pas parce qu’il en sait pas plus que nous qu’on va le retrouver.

Estiladra se remémore ses expériences de soldat, les ours à marcher dans les marais. Il n’est pas optimiste. Il tente bien de raisonner Vittoria, mais en vain. La jeune fille est partagée entre énervement et désespoir. Elle hésite, alors qu’Andrea pense pouvoir être parvenu à ses fins, tirant le cheval de Vittoria par la bride en direction des autres, qui prennent pied sur la berge.
– Voilà ce que je propose, dit Estiladra : On ramène Olmi et Seferis à Bracce, on les fait comparaitre devant le tribunal, pour qu’ils disent qu’ils ont eu affaire à un forban qui a fait exploser leur cargaison. Et les compagnons de la Roche étaient juste là au mauvais endroit et au mauvais moment.

Zigarelli semble sceptique, pensant que Gülad risque d’être tout de même condamné.

Pass et Olmi font un duel de regards. Le jeune homme blond reste impassible.

Pass propose qu’Andrea, Aurelio et Ellana ramènent Olmi et Séféris à Bracce pendant qu’il apporte son aide à Vittoria dans les marais. Andrea ricane de la bravoure du jeune homme. Zigarelli a ficelé les deux individus derrière le cheval d’Aurelio et le sien.

Pendant tout ce temps où les hommes prennent encore la parole pour elle, Vittoria s’est tue. Alors que plus personne ne fait attention à elle, elle est discrètement descendue de chevaux et part, décidée, vers mes marécages. Le blond observe la scène, le regard vague « Elle va mourir dans ces marais »
– Toi on t’as pas sonné, gueule Zigarelli à son attention.

Désormais à bonne distance, Vittoria se retourne et gueule à ses camarades, contrefaisant la voix d’Estiladra :
– C’est ton choix Vittoria, qu’est-ce que tu veux Vitttoria ! Qu’est-ce que tu veux, c’est toi qui décide !
Et après un geste d’agacement frôlant l’obscène, elle reprend sa route.

Penauds, les autres trottent derrière elle jusqu’à la sortie sud de la ville. Alors qu’ils s’apprêtent à passer la porte, les gardes remarquent les paquets ficelés derrière Lucio et Aurelio. Vittoria ouvre toujours la marche en boudant. Estiladra et Ellana passent aussi sans problèmes.

C’est au moment où Lucio s’avance que les prisonniers se mettent à gueuler. Les gardes demandent des comptes. Lucio lève les yeux au ciel.
– Ces hommes ont à répondre d’un meurtre à Bracce : ils seront entendus et jugés.
– Tu as une lettre te donnant autorité pour l’enquête et l’arrestation ? Un Mandat ? Demandent les gardes, contemplant la dégaine trempée et vaseuse de Zigarelli.
Zigarelli soupire à nouveau.
– Dans la bagarre, j’ai perdu le pli indispensable dans les flots. Vous n’avez que ma bonne foi.

[Je demande un jet avec deux malus au joueur de Lucio qui lance donc 3D6 et garde le pire. C’est un « Non » qui sort]
– Mon gars, répond un des gardes avec une sévère maladie de peau, la bonne foi de Bracce, on sait ce qu’elle vaut à Ufficio.

Ils menacent alors Lucio avec leurs hallebardes. Aurelio, lui, est tombé de cheval à la porte, laissant tomber aussi son prisonnier saucissonné.

Zigarelli se retourne vers le Chevalier Puceau :
– Désolé l’ami, c’est la vie des nôtres qui est en jeu.
Et il fait se cabrer son cheval dans l’espoir de passer les gardes.

[Je demande un nouveau jet. Un malus et un aspect s’annulent, il lance un dé : « Non mais… » Lucio a la poisse avec les chevaux]

La monture s’élève dans les airs, menaçante. Les soldats s’écartent et Zigarelli parvient à se dégager… mais lâche son paquet au milieu de la route. Dépité, et conscient de l’importance de ses prisonniers, Zigarelli décide donc de ne pas fuir, et retourne résigné rejoindre Aurelio aux côtés de leurs deux paquets. Les gardes s’avancent vers lui en gueulant alors que dans son dos, Ciro, Ellana, Andrea et Vittoria disparaissent par la route des marais…

Mon ressenti

Une très belle partie, mais assez difficile: un personnage à réintroduire, Ciro Passeri, après une session d’absence plutôt cruciale, et quelques blancs un peu longs. Enfin, dernier problème: mon indétermination à faire aboutir la poursuite.

Concernant la réintroduction de Ciro, je suis très content: je n’avais rien et on a bâti ensemble l’une des scènes les plus fortes de la partie, toute en tension alors que les autres joueurs, en position de spectateurs, assistaient à la « trahison » de leur camarade, pour les meilleures raisons du monde!

Je suis aussi satisfait du petit dilemme concernant l’éventuelle résurrection de Livio Scorta, trouvé quelques jours seulement avant la partie et qui aura causé quelques belles scènes de drama entre Vittoria et les autres, Lucio en premier lieu.

Concernant la course poursuite, les adversaires avaient beaucoup d’avance et j’ai eu du mal à laisser les joueurs les rattraper. J’aurais du certainement clôturer là ce scénario qui, de one shot, a finalement duré trois sessions, mais je ne trouvais rien de satisfaisant… d’autant plus que justement, cela faisait trois sessions qu’ils leur couraient après. Du coup, la fuite d’Anconetti dans les marais et la poursuite ont paru scripté aux yeux de certains, et je ne peux pas trop dire le contraire. Ce n’est pas grave en soi, les joueurs étaient contents, mais c’est une chose à garder en tête: le mieux est l’ennemi du bien.

Enfin une petite rectification des règles pour la prochaine fois, concernant gains et pertes d’Aubaines: à Wastburg, un résultat de 6 au dé fait perdre une aubaine, alors qu’un résultat de 1  en fait gagner. Je pense que je vais transformer cette règle pour qu’un 6 fasse aussi gagner des aubaines. après tout, on joue héroïque, et pas des gardoches qui loosent dans leur coin de ruelle, autant adapter les règles!

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Une réflexion sur “L’odeur des marécages – Aventures dans le Consulat 9

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