Anachie ! – Libreté 4

Où l’on découvre les tragiques conséquences de certaines décisions des enfants sur le devenir de Libreté. La société, certes coercitive, mais néanmoins stable menace rapidement de s’effondrer alors que l’autorité du conservateur s’effrite. Que va devenir la communauté alors que le Bonhomme Rouge semble être devenu fou et que les forces vives qui la composent ont été décimées? En apprendra-t-on plus sur la raison de la haine du bonhomme vis-à vis-du petit César? C’est à découvrir ci-dessous. (A noter que le joueur de Saint Truc n’était pas présent lors de cette session, ce qui se ressent un peu).

le-conservateur
Le conservateur dans son uniforme de.. conservateur avant la funeste cérémonie du Bonhomme Rouge

Saint-Michèle captive

Une lumière violente dans les ténèbres ; Saint-Michèle du Corridor se réveille. Elle a très mal et sa tête est recouverte d’une série de bandelettes plus ou moins bien attachées. Autour d’elle, des lits de fortune avec des enfants dont certains gémissent dans leur sommeil. Des formes se tiennent debout juste à côté de son lit ; elle entend des voix murmurer, qu’elle reconnaît en partie : ce sont des Médiévales, comme elle, et son rival Saint-Michel du Grand Bassin est à leur tête. Les enfants lui braquent une lampe torche en plein visage.

Voyant que la jeune fille est réveillée, Saint-Michel du Grand Bassin se met à l’interroger un brin brutalement : qu’est-ce qu’elle a manigancé ? Pourquoi elle a ramené du dehors ce César qui a rendu fou le Bonhomme rouge et causé tous ces morts ? L’interrogée peine à répondre, d’autant qu’elle s’inquiète pour le P’tit Truc au Plot et qu’elle ne comprend rien à la situation. Agacée, elle décide de faire comme d’habitude, serrer les dents et réaffirmer sa position ; le ton monte rapidement alors que les poings se referment. Une Médiévale appelée Sainte-Marie à la Porte essaie bien de calmer le saint du Grand Bassin mais la rivalité entre ce dernier et Saint-Michèle prend finalement le dessus au point que les deux enfants en viennent aux mains. La lutte est brève ; la blessée tombe dans les pommes peu après avoir donné une correction à l’arrogant.

Triste mine dans la boutique

A la boutique de souvenirs. Tiffany, hantée par les événements de la veille, crie le nom de César dans son sommeil. Elle est en train de faire un rêve étrange (mais en est-ce vraiment un ?) : le garçon vient la réveiller de sa voix morne habituelle mais son toucher est bizarre, comme s’il aspirait toutes les émotions et tout le stress de la jeune fille [toute la bile noire], la vidant même de ce qui fait d’elle un être humain, et puis elle découvre que les yeux du garçon sont devenus noirs comme deux puits sans fond. Elle se réveille alors, épuisée comme après un sommeil sans rêves.

Sans surprise, tout le monde fait triste mine dans la boutique. Salia, Rafik et César sont apparemment partis chercher à manger ; les autres vaquent mollement à leurs occupations. Tiffany se demande ce qu’elle et ses amis vont devenir ; ce qui se passe n’est pas normal et ne peut continuer de la sorte. Ralph lui fait comprendre qu’il ne souhaite pas intervenir : le Bonhomme rouge est le problème des autres, ils n’avaient qu’à pas faire confiance à un monstre pareil ; les Vandales étaient la solution. Ce n’est cependant pas le point de vue de la princesse qui se dit que si elle montait sa propre bande (celle des souvenirs ?), ce serait pour véritablement changer les choses et pas pour jouer les vandalounets dans un petit coin tranquille. Même les Trucs, dont tout le monde se moque, ont plus d’influence dans Libreté que Ralph et sa bande !

Anachie dans Libreté!

Dans les toilettes des Trucs, le P’tit Truc au Plot baigne dans l’eau qui recouvre désormais le sol carrelé. Son sommeil a été de courte durée et pas des plus agréable mais iel est tout de même réveillé.e par sa copine Raydimède qui la met au parfum des dernières évolutions : c’est l’anachie dans Libreté ! Les Trucs ont commencé à tout casser ! Il y aura pas de petit déj ! Faut aller en prendre soi-même, plein ! Oubliant de suite ses problèmes face à son ventre qui gargouille, le P’tit Truc décide d’aller se chercher à manger (Trois petits déjeuners ! Anachie !).

Saint-Michèle se réveille dans une petite chambre de Médiévale, du sang séché sur son visage, les mains et les pieds ligotés avec des bandes de draps déchirés, allongée sur un lit. Elle tente aussitôt de se libérer, en vain, cogne un meuble avec ses pieds ; tout ce boucan attire l’attention de Sainte-Marie de la Porte qui montait la garde dehors. La Médiévale demande à Saint-Michèle de se laisser faire, et profite du fait d’être seule à seule avec elle pour lui demander la vérité : n’est-ce pas que Saint-Michèle a ramené César pour prendre la place du Bonhomme rouge ? Elle savait qu’il était l’incarnation de Saint-Barthélémy, celui dont le tableau n’a jamais trouvé enfant à sa taille, un être mi-enfant mi-bonhomme rouge qui guidera tout le monde vers le pays des adultes où chacun retrouvera ses parents ? Il faut qu’elle le dise à tout le monde, avant que des enfants ne tuent César et tous ceux qui l’ont fréquenté ! Sainte-Marie attend avec grande impatience la réponse de sa prisonnière qui paraît réfléchir un moment… avant de se mettre à insulter sa geôlière et de la traiter de folle furieuse. Horrifiée, Sainte-Marie exprime sa déception et décide que quelques heures de réflexion ne feront pas de mal à sa prisonnière. Elle part donc en fermant la porte à clé derrière elle.

Le P’tit Truc ère seul.e dans les couloirs. Iel s’est disputé.e avec Raydimède en chemin parce que celle-ci avait affirmé ne jamais faire les choses pas exprès, ce qui avait conduit à un débat sur la fois où Raidy avait cassé « sans le faire exprès » le bracelet de son ami.e… Le P’tit Truc arrive enfin par accident près de l’endroit où Saint-Michèle est détenue et entend les appels au secours de sa grande amie : Saint-Michèle, Saint-Michèle, c’est l’anachie, on peut prendre trois petits déjeuners, tu veux qu’on t’en prenne trois ? Oui P’tit Truc, promis, on ira en prendre trois mais d’abord tu dois me sauver. Tu te souviens quand je te disais que voler c’était mal, ben maintenant c’est l’anachie alors c’est autorisé, et tu vas aller voler les clés dans la poche de Sainte-Marie à la Porte et me sortir de là !

La rébellion barthélémistes et autres trucs de ouf

Le P’tit Truc est un peu embêté.e, iel a jamais fait ça avant. Mais Saint-Michèle est son amie alors le Truc y va quand même et trouve facilement sa cible qui est en train de discuter avec d’autres Médiévales du sort à réserver à leur prisonnière. Discrètement, iel passe derrière les grands et fait discrètement glisser le trousseau de clés dans son plot avant de s’en aller, sans se rendre compte que des personnes l’ont vu.e en train de se promener dans un territoire qui clairement n’était pas le sien. Talonné.e par les Barthélémistes, l’enfant tombe sur Tiffany et l’embarque, puis les deux ouvrent la porte et se barricadent à l’intérieur ; là elles libèrent Saint-Michèle, hésitent un temps sur la conduite à adopter, et puis décident qu’il y en a marre – elles s’emparent de matelas, ouvrent d’un coup la porte et renversent tout le monde sur leur passage avant de disparaître dans les couloirs…

Dehors, c’est l’anachie. Les Trucs se laissent complètement aller à leurs folies, jusqu’à attaquer les statues des Tounus (et les Tounus déguisés en statues au passage) ainsi que les tableaux des Médiévales ; cela leur vaut bien sûr de se faire copieusement casser la figure en retour. Raidymède fait d’ailleurs partie des insurgées mais elle se fait rattraper par un Raoul Tounu furieux qui commence à la cogner violemment ; le P’tit Truc essaie de s’interposer mais se fait envoyer au sol alors Saint-Michèle intervient : elle se plante face à Raoul, les poings sur les hanches, le traite de lâche et lui sert un discours sur la coopération dans des temps difficiles et le respect des plus faibles. Elle joue son rôle à la perfection même si elle a des doutes sur l’identité de César, même si Tiffany lui semble pas si sympathique que ça, et même si le Conservateur ben elle l’aime bien et sa parole est quand même d’or… Le duel d’intimidation est épique, et couronne Saint-Michèle grande vainqueuse, même si elle sent que son acte aura des conséquences funestes.

Les atermoiements du Conservateur

Avec tout ça, le P’tit Truc va pas bien, et Saint Michèle voit trouble, et Raydimède pleure. Il faudrait manger et aller à l’infirmerie mais Tiffany veut des explications de la part du Conservateur, et Saint-Michèle a envie d’être rassurée par le maître de Libreté, alors le groupe se rend au bureau du leader. Ce dernier a beau être en réunion avec les Tounus, ils parviennent à le faire sortir en se bagarrant avec les gardes devant la porte (Tiffany hurlant sa douleur avec une conviction digne des Oscars). Des excuses sont présentées, et Tiffany et Saint Michèle ont même le droit, honneur suprême, de se reposer un instant dans les appartements privés du Conservateur le temps que ce dernier finisse sa réunion ! Honneur auquel n’ont pas droit le P’tit Truc et Raidymède qui déjà sautaient sur le lit et que l’on met poliment mais fermement dehors.

Les deux filles sont seules dans la pièce plongée dans le noir. L’endroit est rempli d’objets anciens, avec un mobilier particulièrement confortable. Les bruits étouffés d’une conversation tenue dans le couloir leur parviennent : « Retrouvez-moi César… la communauté a besoin d’un sacrifice… laissez-moi m’occuper de Saint-Michèle, elle comprendra… » Saint Michèle est très perturbée, elle commence elle aussi à douter de son idole mais elle a encore besoin de preuves. Avec Tiffany, elles décident donc de chercher rapidement dans la chambre pour y trouver le journal privé du Conservateur, en vain ; il doit l’avoir sur lui ! Alors Saint-Michèle, douloureusement, propose à Tiffany de séduire le Conservateur, de se déshabiller pour lui puisqu’il a l’air de la préférer entre toutes. La princesse accepte ; quand le maître de Libreté revient une nouvelle fois, elle essaie donc de se faire la plus remarquable possible et réussit même à obtenir un dîner en tête-à-tête, mais plus tard, là elles doivent aller à l’infirmerie.

Au « centre de soins », Saint-Michèle et Tiffany retrouvent le P’tit Truc et Raidymède, mais rencontrent aussi la Truc qui a été nommée au poste d’infirmière en chef, soi-disant à cause de ses compétences en médecine – on l’appelle la Croix Rouge, c’est dire si elle y était prédestinée ! Il faut reconnaître que la Croix Rouge elle prend du plaisir à frotter les écorchures au « Mercuroshrome » et à recoudre les plaies avec sa grosse aiguille. Le P’tit Truc serre les dents et ne lâche aucun cri malgré le fait que ça pique très fort, et Saint-Michèle fait montre d’autant de courage. La bonne nouvelle, c’est que des petits déjeuners sont servis aux malades, et que Tiffany a droit à un jus de pomme ; la mauvaise, c’est que les cuisines ne sont plus vraiment tenues et que le repas est assez immonde, mélangeant moutarde, confiture et gras de porc.

Le rendez-vous de Tiffany

Le soir venu, Tiffany se rend à son rendez-vous, soigneusement maquillée. Le Conservateur l’attend dans une pièce aménagée pour l’occasion, avec une bonne distance entre les deux dîneurs. Ils sont servis par Josh Demi-Nu dans son demi-appareil, et malgré ce détail le canard est excellent. Tiffany essaie de persuader le Conservateur que le Bonhomme rouge est un monstre, mais ce dernier répond légitime défense, divinité à respecter, protection et provocation. La princesse change alors de sujet et parle de faire reconnaître une nouvelle bande, celle des Souvenirs ; c’est une chose qui pourra s’envisager, sous certaines conditions… Vient alors le moment de séduire… Tiffany hésite, fait un geste maladroit, le Conservateur semble ne pas réagir, alors elle craque brusquement et avoue tout : elle devait lui faire enlever ses vêtements pour trouver son journal intime, et c’était l’idée de Saint-Michèle. Entendant cela, le Conservateur se fâche (tout rouge) et chasse Tiffany en lui disant que les Vandales et les micro-bandes auront le droit d’exister quand ils se soumettront à la volonté du Bonhomme rouge et pas avant ! Lui seul gouverne Libreté !

Pendant ce temps, Saint-Michèle va accompagnée du P’tit Truc voir le Marquis, son supérieur, pour lui parler du problème des Médiévales dissidents. Elles croisent en chemin les Barthélémistes qui les regardent avec un air mauvais, puis tombent en plein « dîner médiévale » avec ses dignitaires vêtus de nappes en guise de capes et mangeant avec les mains des poulets pris dans les réserves. La présence du P’tit Truc amuse beaucoup les personnalités présentes, qui lui jettent à manger en riant, tandis que le Marquis charge Saint-Michèle d’aller chercher ce « César » qu’il faut absolument avoir de son côté en ces temps difficiles ; les Tounus sécurisent en effet le Conservateur et le tableau du Bonhomme rouge, les Médiévales doivent donc trouver un moyen de peser dans la ville. Saint-Michèle doute encore une fois : est-ce dans l’intérêt de Libreté ? C’est dans celui des Médiévales surtout, lui répond le Marquis ; César est peut-être plus fort que le Bonhomme rouge lui-même ! Nous pourrions prendre la place des Tounus… et peut-être même du Conservateur !

Le P’tit truc en sang

Saint-Michèle et le P’tit Truc s’en vont, perplexes. Elles parlent de faire sécession et de garder César bien au chaud dans la boutique de souvenirs… mais elles découvrent alors que Sainte-Marie les avait suivies et entendues ! Saint-Michèle abandonne le P’tit Truc pour courir après l’espionne ; elle réussit à la coincer contre un mur et lui ordonne sans ambiguïté de ne parler à personne de ce qu’elle a entendu, ou sinon… Sainte-Marie comprend, et promet, terrifiée. Satisfaite, Sainte-Michèle rebrousse chemin. Elle découvre alors le corps du P’tit Truc, saignant abondamment sur le sol. Profitant du départ de sa protectrice, les Barthélémistes sont tombés sur iel et l’ont chargé.e de porter un message, un message à même le corps…

Tiffany rentre à la boutique le soir, et refuse de parler de ce qu’elle a fait à qui que ce soit. Peiné, César touche par inadvertance son bras… et la princesse se sent soudain vidée, fatiguée ; toute sa colère est partie, mais avec quelque chose de plus… et les yeux de César tournent alors au noir, un noir profond. Le rêve du début n’en était pas un ! Ralph et sa bande paniquent, ils veulent qu’on tue cette sirène infiltrée, ou au moins qu’on l’exile fissa avant qu’il tue quelqu’un ; Tiffany s’y oppose catégoriquement. Saint-Michèle rentre alors, le corps inanimé du P’tit Truc dans les bras, au milieu de la dispute. La tension monte, personne ne veut céder ; chaque camp finit par aller dormir dans un coin, sans quitter l’autre des yeux, dans un silence pesant.

 

Commentaire de Vivien

Le premier jour du reste de la chronique, où l’on étudie les conséquences du coup de pied dans la fourmilière avec le réveil de Saint-Michèle, l’apparition de la faction dissidente des Barthélémistes et la formation de clans véritablement hostiles les uns envers les autres, avec les personnages des joueurs au milieu pour essayer de prôner la paix. Deux belles scènes au moins pour moi : la discussion entre Tiffany et le Conservateur, avec cette tension qui finit en grand déballage, et la découverte du corps « sans vie » du P’tit Truc par Saint-Michèle.

A suivre…

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