The gods around the corner

En vacances, le lundi s’exporte parfois à d’autres jours de la semaine, comme par exemple le samedi après-midi. Et à d’autres tablées aussi, quand le taulier ne regarde pas. Voici le compte-rendu d’une très très chouette partie, entre quotidien sans histoires et fantastique mythologique, rédigé par Manuel Bedouet. Merci à lui !

Samedi après-midi, nous avons joué via hangout/roll20 une partie d’un microgame publié par Grant Howitt dans le cadre de son patreon. J’ai découvert ce concepteur très récemment à l’occasion d’un article dans Tartofrez et je dois dire que je suis extrêmement convaincu par le format et la réalisation de ces jeux. Ne restait plus qu’à essayer, en l’occurence avec le  petit dernier de la série : Genius Loci

Le pitch : Vous êtes un dieu mineur, un Genius Loci, dans une petite ville bien calme du sud de l’Angleterre, au coeur des années 60.

Les personnages sont donc les esprits de lieux emblématiques de la ville : le Pub, le Bureau de Poste, l’Ecole … Dans leur domaine, ils sont balaises (que cela concerne le lieu lui-même ou les thèmes ou protagonistes associés), mais ailleurs, il ne sont pas plus puissants que monsieur et madame tout-le-monde.

Autant dire qu’on est au croisement de l’Inspecteur Barnaby et American Gods.

Nous avons joué en ligne avec Eugénie (que je connaissais déjà), ainsi que JC et Philippe (invités via l’auberge virtuelle, mais qui étaient de parfaits inconnus pour moi). J’avais sélectionné une poignée de jeux produits par Grant, et nous avons choisi celui-ci ensemble après un rapide tour de présentation. Autant dire que c’était très improvisé.

Usual suspects

Un tirage aléatoire dans les tables fournies par le jeu nous a donné les personnages suivants :

Eileen (jouée par Eugénie)
Esprit du vieux Corner Shop
A l’aspect d’une vieille dame à bigoudis (la propriétaire du Corner Shop)
Adore l’orage
Est terrifiée à l’idée d’être oubliée

Nivalis (jouée par JC)
Esprit de l’église récemment rénovée
A l’aspect d’une jeune prof de chorale
Adore le cidre (un peu trop)
Est terrifiée par les déesses des rivières et de la pluie

Robert (joué par Philippe)
Esprit de l’école agrandie depuis peu
A l’aspect du jeune directeur de l’établissement
Adore passer du temps auprès des jeunes gens
Est (aussi) terrifié par les déesses des rivières et de la pluie

Par ailleurs, j’ai profité de ce moment pour moi-même créer quelques PNJs :

Melvin, le bel esprit du poste de police, pas franchement futé mais très serviable et admiratif de ses congénères. Il est aussi assez épris de Lorraine qui ne lui rend pas du tout.

Lorraine, la petite rigolote de la bande, esprit du cabinet médical au bout de la rue principale, un amie sur qui l’on peut compter.

Cecil, le vieil esprit mi-ronchon mi-dépressif du monument aux morts.

Welcome to Riverwood

Nous avons ensuite créé une carte sommaire de la ville, en plaçant une forêt, la rue principale et une rivière (forcément). Les joueurs ont ajouté leurs bâtiments tutélaires et j’ai ajouté ceux des autres esprits.

Bienvenue donc à Riverwood, charmante bourgade du Kent comptant sensiblement 5000 âmes.

J’ai par ailleurs tiré secrètement une piste d’intrigue dans la liste proposée, pour tomber sur : “l’installation d’une exploitation de poulets en batterie, avec le dieu fou des poulets emprisonnés qui y est attaché”.

D’après tous ces tirages, j’ai extrapolé que :

  • S’il y a autant de bâtiments récents, rénovés ou agrandis, c’est parce que la ville est en plein boom économique et croît rapidement. Les nouvelles techniques agricoles ont permi d’améliorer considérablement le rendement des exploitations, et la proximité relative de Londres fait de Riverwood un fournisseur de denrées diverses privilégié. On parle même de construire un supermarché à proximité du bourg.
  • En plus des dieux mineurs de la ville, il y a dans les environs quelques anciens dieux qui occupaient le territoire bien avant que les hommes ne s’y installent. Les plus remarquables sont les soeurs Rain et River, déesses respectives de la pluie et des rivières. Dans les bois au nord, erre Forester, le dieu de la forêt, que nous n’aurons pas l’occasion de rencontrer dans cette aventure.
  • La grande actualité du moment en ville, c’est l’installation de la première exploitation intensive de poulets en batterie, nouveauté dans un coin plus habitué à une agriculture traditionnelle. Si quelques esprits chagrins déplorent le traitement réservé aux bêtes (mais tout le monde ne sait pas apprécier le progrès à sa juste valeur), la plupart des habitants de Riverwood se réjouissent de ce développement et de la manne d’emplois qui vient avec.
  • J’ai aussi décidé que le dieu fou des poulets emprisonnés a pris l’apparence d’Ethel Wayne, femme de Billy Wayne, heureux exploitant agricole sur le point d’inaugurer sa flambant neuve usine à poulets.

À ce point, il est utile de préciser qu’un dieu peut tuer puis manger un de ses congénères pour lui prendre son domaine. Ce qu’Ethel est fermement décidée à faire.

Tout est en place pour que ça dérape, l’aventure peut commencer.

« De mon temps, pour les inaugurations, on faisait des tartes aux pommes… »

Et on ouvre justement sur la façade de la toute nouvelle exploitation agricole, le jour de son inauguration. Tout le gratin est là, notamment quelques Genius Loci comme Eileen (parce que bon, c’est un peu la doyenne du village), mais aussi Robert et même Nivalis qui mène le choeur pour la chanson inaugurale. Car oui, le maire Stanley Langstrom a voulu faire les choses bien.

La cérémonie commence par une visite de l’exploitation elle-même qui permet aux personnages de découvrir, derrière la massive porte du bâtiment, une masse d’animaux reclus, hurlant leurs caquètements dans une puanteur de fientes qui colle à la peau. Malgré ce spectacle peu réjouissant pour les âmes sensibles, le maire tient à prononcer son fameux discours inaugural, un de ceux que les Riverwoodiens connaissent bien, un peu trop long, avec un accent certain sur le progrès et la nécessité d’aller de l’avant. Debout sur la petite scène érigée dans la cour de ferme, il a à peine le temps de prononcer les premières lignes qu’une averse brutale s’abat sur l’assistance, noyant le tableau sous de véritables murs d’eau. Autant dire que le discours tourne court et que tous les curieux s’égayent comme ils peuvent pour se mettre à l’abri.

Billy se désole pendant que les motifs de poulet rôti qui ornent la robe d’Ethel commencent à prendre un drôle d’aspect sous l’eau. Eileen, les bigoudis protégés par un fichu en plastique, se fait raccompagner par le maire et sa femme dans leur voiture, tandis que Robert et Nivalis se réfugient dans le hangar à poulets. Alors que Robert se fascine pour les poussins et en tire l’idée d’un pédibus pour rassembler les élèves se rendant à l’école, Nivalis tombe nez à nez avec Rain, ancienne déesse de la pluie qui s’est glissée jusqu’ici. Cette dernière, menaçante comme à son habitude, confirme que “quelque chose d’anormal se passe ici”, les environs sont perturbés et elle semble même un peu inquiète. Alors que Robert interpelle Nivalis, Rain disparaît.

[Petit ajout de circonstance : j’ai demandé à JC quel était le passif entre River et Nivalis. Il se trouve que Nivalis, avant d’être un Genius Loci, était un esprit attaché à un objet qui s’est lui-même retrouvé au fond d’une rivière pendant quelque siècles. La déesse rivière s’était attaché à cet “esprit de compagnie” et a très mal pris son départ. Depuis, Nivalis redoute qu’elle l’emporte à nouveau dans son lit].

Et dix de der ! Allez, je paye ma tournée !

Nous retrouvons les personnages quelques jours plus tard au pub local, The Garison [que l’on place illico sur la carte, pas loin de l’église parce que c’est plus pratique pour aller boire un coup et taper le carton après la messe]. En effet, les dieux du coin s’y retrouvent le mardi soir pour boire du cidre en grande quantité, jouer au bridge et échanger les potins du moment. [C’est surtout l’occasion pour la tablée de présenter et de faire vivre et s’exprimer les différents personnages.] On discute abondamment de l’avertissement de Rain, tout le monde s’accordant sur le fait que c’est une mauvaise nouvelle. D’aucuns disent qu’Eileen a une indulgence coupable pour le trio infernal, River, Rain et Storm, même si elle met ça sur le compte de sa folle jeunesse. Robert et Nivalis offrent d’aller enquêter dans l’élevage, Eileen d’acquérir des documents de régulation pour vérifier si tout est en ordre dans les permis de l’exploitation. Melvin, en tant que dieu du poste de police, voudrait bien mener l’enquête, mais on lui assure qu’il sera plus efficace en “coordonnant” les choses depuis son domaine. Il faut dire que Melvin n’a rien d’un enquêteur (ça c’est plutôt Glenn, l’inspecteur en chef, qui s’en occupe. Melvin s’occupe plutôt de décrocher les chats des arbres et autres services au troisième âge). Tout le monde finit par aller se coucher après une dernière tournée et une nouvelle victoire de Lorraine au bridge (mais on pense un peu qu’elle triche, même s’il ne faut pas lui dire).

Qui a tué le monument aux morts ?

Le lendemain, alors qu’elle ouvre la boutique, Eileen remarque l’état déplorable dans lequel se trouve le monuments aux morts. L’édifice est passablement dégradé, couvert de sang et de plumes de volaille. Elle se précipite à la mairie voisine pour alerter l’élu. Malheureusement, Mr Langstrom est en visite à Londres pour la journée. Nelly, la secrétaire de mairie, propose cependant d’appeler le poste de police, puisqu’il s’agit après tout d’une affaire criminelle. Quelques minutes plus tard, Melvin et Glenn arrivent à vélo sur les lieux du crime. Eileen tente de faire signe à Melvin de prendre ce fait divers au sérieux, mais celui-ci ne comprend pas tout et s’éloigne en criant « chef, je crois que j’ai une piste ». Eileen, elle, se retrouve fermement invitée à rejoindre le poste de police pour y signer une déposition (Glenn est très procédurier). Alors qu’ils s’éloignent, ils croisent Robert suivi d’une dizaine d’enfants qu’il emmène en pedibus à l’école. Celui-ci tente tant bien que mal de dédramatiser la situation, tout en essayant de contrer une éducation pro-peine de mort fermement ancrée chez certains bambins.

C’est sur ces entrefaites que s’éveille Nivalis, renversant au passage quelques bouteilles de cidre vides traînant au pied de son lit. Sa coiffure est défaite et son estomac aussi. La vision du monument au mort saccagé n’arrange bien évidemment rien. En s’approchant, elle constate avec horreur que l’esprit de Cecil semble anormalement absent, le lieu est devenu inerte. Elle échange quelques mots avec Robert qui a pu laisser les enfants à la garde de leurs enseignants.

Les pieds dans l’eau

Empoignant à deux mains son courage et le guidon de son vélo, Robert décide de prendre un raccourci longeant la rivière. Après quelques grosses frousses, il découvre à l’arrière du bâtiment une évacuation laissant passer l’eau dans le bâtiment pour mieux la rejeter au reflux, souillée de fiente de volaille. Alors qu’il se demande par où il va bien pouvoir entrer, la silhouette familière de River apparaît derrière lui. Particulièrement menaçante, la déesse découvre une large mâchoire de brochet tout en intimant l’ordre à Robert de résoudre la situation. Elle poursuit en menaçant à demi voix de le dévorer, en évoquant les pratiques cannibales des anciens dieux depuis la nuit des temps. Robert recule de quelques pas, ce qui est une bonne chose parce que la rivière a monté et il a désormais de l’eau jusqu’aux cuisses. Dans un flegme tout britannique, il certifie à River que tout cela va être résolu rapidement, avant de retrousser son pantalon et se diriger dignement vers la porte d’entrée de l’élevage.

Les vacances de Mrs Wayne

Eileen tente maladroitement de consoler Nivalis, ébranlée par la disparition d’un des leurs. Elles croisent Melvin, qui se rue aussitôt vers le cabinet médical de Lorraine pour vérifier que tout va bien. Eileen et Novalis enfourchent leur vélos à leur tour et se rendent à l’élevage, pour interroger Billy Wayne sur la provenance de tout ce sang et de ces plumes.

En chemin, elles croisent une Ethel Wayne catastrophée : le pneu de sa voiture flambant neuve a crevé sur la route. Le toit du véhicule est surmonté de lourdes valises, comme si elle partait en voyage. Les deux déesses, soupçonnant que l’air de la campagne n’est pas au goût de la forte femme, improvisent un duo de good cop bad cop, Eileen la couvrant de questions suspicieuses depuis son vélo, pendant que Nivalis l’aide très gentiment à changer sa roue. Mais Ethel reste très discrète sur sa destination et les raisons de son voyage, arguant seulement qu’elle a besoin de “souffler un coup après les épuisant travaux de l’élevage”. Elle finit par repartir dans son véhicule, dans un nuage de fumée et de plumes.

Charivari chez les chapons

Infiltré dans l’élevage, Robert assiste à l’arrivée d’un convoi de poussins qu’on vide à la pelle depuis une remorque dans le hangar. Les bêtes sont innombrables et il doit faire attention à ne pas en écraser quand il marche. Le bruit et l’odeur sont à l’avenant, et il y a de quoi se demander qui ne deviendrait pas fou au bout de quelque temps dans cet environnement.

Du côté de l’entrée principale, Eileen et Nivalis s’incrustent dans le bureau de Billy alors que celui-ci discute comptabilité avec un assistant. Elles l’interrogent sur le sang et les plumes, racontant ce qu’il s’est passé en ville, mais Billy leur indique que sans carcasse à proximité, il y a fort à parier que les poulets ne viennent pas directement de chez lui. En effet, seul l’élevage est réalisé à Riverwood, l’abattoir se trouvant plus à l’est dans le comté. Par ailleurs, c’est Ethel qui organise cette partie là de l’activité, lui se concentrant sur l’arrivée et la croissance des poulets.

En sortant du bureau, Ethel et Nivalis tombent sur Robert qui sort de l’élevage, persuadé que River est responsable de la disparition de Cecil. Tous les trois décident de rentrer à vélo en ville dans une version cycliste du pedibus cher au jeune directeur d’école.

La bicyclette bleue (dans le fond du fossé)

Sur le chemin du retour, ils remarquent la bicyclette de Melvin effondrée dans le fossé, juste devant le cabinet médical de Lorraine. Alors qu’Eileen s’en approche, elle remarque au fond du fossé des plumes de volaille à la surface de l’eau stagnante et une teinte rouge dans les reflets. Les trois esprits de jettent dans le cabinet pour vérifier que Lorraine a été épargnée. C’est bien le cas, et la déesse découvre que Melvin a disparu juste après avoir quitté son cabinet. Sous le choc, elle ne peut s’empêcher de faire des plaisanteries de mauvais goût, en mentionnant au passage qu’elle a aperçu une voiture chargée de lourdes valises qui s’est attardée quelques minutes devant le cabinet.

Les esprits réalisent alors qu’Ethel est probablement responsable de la disparition de deux des leurs. Mus par la peur, ils se persuadent qu’aller la coincer chez elle, dans les nouveaux lotissement au nord de la ville est une bonne idée. Non sans avoir pris le temps de faire le plein de bouteilles de cidre au Corner Shop (Nivalis est un peu secouée, et une bonne lampée lui fera le plus grand bien).

Les dieux vengeurs

Arrivés devant la luxueuse et moderne maison Wayne, les trois dieux adoptent des stratégies différentes. Robert fracture la voiture d’Ethel, Nivalis attend de pied ferme l’agricultrice, et Eileen fait prudemment le guet. Bien lui en prend car c’est à ce moment que débarque Elsie, la patronne du Garison, qui se rend au pub pour l’ouverture de l’après-midi. Eileen tente, sans succès, d’accaparer son attention, et lorsqu’Elsie découvre Robert en train de démarrer le véhicule, elle crie au voleur, ce qui ne manque pas de faire sortir quelques voisins, ainsi qu’Ethel, caquetant à qui mieux mieux, ses cheveux roux en bataille et le cou cramoisi. Dans le dos de l’éleveuse, Nivalis referme la porte du domaine, pendant qu’Eileen est occupée à maîtriser Elsie, qu’elle parvient finalement à assommer. Robert a avancé d’une trentaine de mètres avec la voiture, mais voyant dans le rétroviseur Ethel à sa poursuite, il se ravise, freine, et repart à fond en marche arrière. Il ne s’arrête que quand la voiture, juchée sur le corps de l’imposante agricultrice, ne peut plus bouger.

Se penchant alors pour vérifier l’état de son adversaire, le dieu de l’école est vilainement blessé par la déesse poulet prise de folie, qui lui enfonce un de ses pieds désormais transformé en serre dans l’abdomen. Robert se défend comme il peut, et d’un coup couteau (de cuisine, volé à la cantine de l’école), il parvient à sectionner l’appendice. De son côté, Nivalis tente vainement de disperser les curieux et curieuses attirés par l’effroyable scène. Ethel décuple de rage sous la douleur, jetant de côté la voiture et tentant de s’enfuir. Mais avec une patte sectionnée, elle ne peut aller bien loin et s’effondre au pieds de la vénérable Eileen. Dans un réflexe de son jeune temps, la déesse du Corner Shop attrape une bouteille de cidre dont elle brise le fond avant d’en enfoncer le tesson dans la gorge de sa victime. Autrement dit, elle saigne Ethel comme un poulet.

Les voisins attirés par le bruit rentrent rapidement chez eux, certains pour appeler la police, d’autres pour mieux ressortir quelques secondes plus tard avec une arme à feu.

This is the end

C’est à ce moment qu’une nouvelle averse torrentielle se met à tomber, donnant suffisamment de couvert à nos trois divinités pour disparaître.

D’Ethel, on ne retrouvera aucune trace, pas plus que de la voiture ou des marques de lutte. On découvrira uniquement des valises chargées de morceaux humains découpées dans sa cuisine, et les enquêteurs concluront qu’elle s’est enfuit après avoir sauvagement massacré le vieux qui passait son temps près du monument aux mort et le jeune policier qui faisait fantasmer les habitantes de Riverwood. Evidemment, Billy Wayne ne se remettra jamais de la nouvelle et son entreprise en subira lourdement les conséquences, faisant faillite en quelques mois. Quant aux Genius Loci impliqués dans l’affaire, on les regardera désormais avec la plus grande suspicion, même si aucune preuve ne suffira à les faire accuser.

ET VOILA !

Une aventure échevelée comme on les aime, qui m’a clairement donné envie de rejouer au même jeu, possiblement dans le même contexte et avec les mêmes personnages et la même tablée.

Ce qui m’a moins convaincu :

  • je n’ai pas été très clair au début sur la nature des dieux si c’était des bâtiments ou des personnes. Du coup ce n’était pas clair non plus pour les joueurs qui ont un peu “flotté” au début sur leurs personnages.
  • Le domaine des dieux n’a pas une description très précise. Je ne suis pas encore certain de s’il s’agit du bâtiment où s’il faut choisir autre chose en plus (genre le dieux des biscuits au chocolat qui réside dans la pâtisserie, par exemple).
  • les joueurs avaient la possibilité de noter trois trucs intéressant à leur sujet. Aucun ne l’a fait, ce qui est un peu dommage parce que ça aurait permi de typer un peu les personnages dès le début de partie. En même temps, c’est le seul élément pour lequel il n’y a pas de liste toute faite. Ça vaut peut être le coup d’en ajouter une ? La réalité, c’est que les détails spécifiques à chaque personnage (le flegme britannique de Robert, le côté vieille râleuse de Eileen) ont émergé au cours de l’aventure. Ce n’est donc pas bien grave.
  • Je manquais d’aides de jeu. J’aurais vraiment dû avoir un trombinoscope en cartes pour donner des visages à tous ces charmants britanniques. De la même façon j’ai cherché sans trouver des dessins de maisons (et autres accessoires urbains) vues du dessus pour pouvoir bricoler simplement et rapidement un plan de la ville un peu joli.
  • Il n’y a que 6 pistes de scénario dans le jeu. Avec un peu de combinatoire on aurait pu avoir plus de choses, parce que là j’ai envie de rejouer et je vais rapidement être à court de pitchs.
  • Il y a eu un peu de doublons dans les tirages de personnages. J’aurai dû faire tirer deux dés par table puis choisir selon convenance.

Ce qui m’a beaucoup plu :

  • Il y a eu une vraie chouette alchimie entre les joueuses et joueurs. On ne se connaissait globalement pas avant le début de la partie, et pourtant tout le monde a su trouver le ton, rester hyper ouvert aux propositions des autres, faire des propositions sympa, jouer des personnages vivants et attachants jusque dans leur “défauts”.
  • Comme c’est un jeu en une page, toutes les réponses ne sont pas posées et j’ai pu improviser l’univers au fur et à mesure qu’il se déroulait dans la partie, en fonction des personnages, des actions, des idées des uns et des autres.
  • L’ambiance est vraiment dépaysante et je me suis amusé comme un petit fou à décrire la campagne anglaise des années 60. Je ne connais ABSOLUMENT pas la campagne anglaise des années 60.
  • En éclaircissant un peu des choses, le thème du jeu me plait vraiment beaucoup. C’est un peu du Nobilis “street level”, et ça c’est vraiment cool. Y’a un côté animiste moderne que j’adore, et que j’ai bien envie d’explorer plus.
  • Les “conditions”, les blessures ou état que ramassent les joueurs selon les jets de dés, sont vraiment très imagés. Ça permet d’éviter un peu le principe de jauge et ça dynamise vraiment les conséquences des tests.
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Une réflexion sur “The gods around the corner

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