Au service de Donald Trump

Manuel Bedouet et ses parties du samedi sont de retour ! Un CR rédigé par Thibault suivi d’une ode  aux jeux en une page par Manuel, pour une partie manifestement foutraque et totalement délirante d’une team pandas roux ninjas de l’espace engagés par Donald Trump. Enjoy !

Le contexte

Lors de la Queervention Rôliste, nous avons pu tester pour la première fois The Red Panda Intelligence Division’s Revenge, un jeu en une page inspiré des créations de Grant Howit. Le principe, on y joue des pandas roux ninjas de l’espace qui se sont fait enlever sur terre. Ils ont 4 objectifs :

  • Trouver par qui
  • Trouver pourquoi
  • Se venger
  • Trouver un moyen de rentrer chez eux

 

La tablée était composée de Sandra, JC, Rougepied et Thibault (que l’on remercie grandement pour le CR), avec Manuel dans le rôle de meneur.

À tout seigneur tout honneur, commençons par le casting.

 

Gang de rouquins

La Red Panda Intelligence Division est composée d’individus très spéciaux, et pas seulement parce que ce sont des Pandas Roux ninjas de l’espace.

Sont précisés ci-dessous :

  • le talent dans lequel ils sont vraiment forts : ✔
  • le talent dans lequel ils sont moins fort qu’ils ne l’imaginent : ✘
  • ce que les autres membres de l’équipe adorent à leur sujet : ❤
  • ce que les autres membres de l’équipe détestent à leur sujet : ☹

 

Red Fluffyfluff: La bricoleuse d’élite du groupe. Elle a toujours un plan (✔Being Prepared), adore démonter des trucs (❤), et trimballe avec elle plein de pièces détachées et de trucs pas finis, mais rarement des choses très utiles (✘Being Equipped). Les autres trouvent qu’elle se la raconte un peu trop (☹). Sa fourrure est soyeuse et bouclée.

 

Red Gorilla: Malgré sa carrure impressionnante, c’est le spécialiste de l’infiltration du groupe (✔Being Invisible), mais ses plans ne sont pas toujours très bien conçus (✘Being Prepared). Il déteste les poissons en général, et a juré de se venger contre ces créatures maléfiques (❤). Dans ses loisirs, il adore se livrer à des expérimentations culinaires d’un goût douteux (☹).

 

Jean-Jacques Panda: Un panda roux en costume trois-pièces très classe (❤), complété d’une paire de lunettes et d’un attaché-case. Derrière ces lunettes, il cache de grands yeux pleins d’étoiles capables de faire fondre le plus insensible des êtres (✔Being Cute). Ses talents d’infiltration sont légèrement perturbés (✘Being Invisible) par son obstination à se couvrir d’after-shave (☹).

 

Pandanger: Ce panda roux au bandana écarlate est à la fois un redoutable grimpeur (❤), et le plus étrange de la bande. Ses pouvoirs psys (✔Being From Outer Space) en font un agent polyvalent, mais leur caractère aléatoire et son code d’honneur de boyscout (☹) limitent son efficacité au combat (✘Being Deadly).

 

L’aventure, c’est l’aventure

Les protagonistes sont prêts, on va pouvoir attaquer.

“Moi j’appelle ça un mardi”

Les membres de la Red Panda Intelligence DIvision se réveillent prisonniers, attachés aux quatre coins d’une cave. Au centre de la pièce se trouve une bombe, dont le compte à rebours vient de passer la limite des 5 minutes. On entend le son étouffé de machines à jeu au loin, preuve indiscutable que l’équipe est à Las Vegas.

Bandant ses muscles pour se libérer de ses liens, Red Gorilla se froisse l’épaule, mais parvient tout de même à se débarrasser de ses entraves avant de détacher ses coéquipiers. Jean-Jacques Panda s’empresse alors de désamorcer la bombe, puis l’abandonne aux pattes avides de Red Fluffyfluff qui commence à la démonter. Cependant, l’engin de mort est plus complexe qu’il ne semble et Red Fluffyfluff s’en désintéresse assez vite.

Pandanger, lui, a repéré une bouche d’aération. Il n’hésite pas un instant, escalade le mur, et remonte le long de la gaine d’aération. Il en ressort dans une autre salle, croisement entre un atelier de mécanique et un fablab.

Red Fluffyfluff, un peu frustrée par sa tentative ratée de démontage de bombe, tourne son attention vers le digicode qui verrouille la porte du sous-sol. La sécurité électronique ne résiste pas à ses talents de hacker. Red Fluffyfluff parvient même à court-circuiter la sécurité de tout l’étage, déverrouillant l’ensemble des portes du niveau.

Tout le monde se regroupe dans l’atelier où Jean-Jacques Panda et Pandanger décident de ramener la bombe : peut-être qu’elle sera plus simple à démonter avec les outils présents. La découpeuse laser semble un appareil tout à fait adéquat pour ouvrir un engin de mort bourré d’explosifs. Élément troublant, sa notice d’utilisation est écrite en néerlandais, comme d’ailleurs l’ensemble des documents que les agents découvrent dans l’atelier.

Pendant ce temps Red Gorilla est reparti en exploration. Il repère la sortie au niveau supérieur, ainsi que d’autres ateliers et un dressing qui a été vidé de son contenu.

Au même moment, Pandanger ouvre la bombe en suivant les instructions de Red Fluffyfluf.  Malgré toutes leurs précautions, le compteur de celle-ci se relance ! Les pandas entament une retraite stratégique non sans que Red Fluffyfluff ne se soit emparée de nombreuses babioles et pièces détachées traînant dans l’atelier.

Avant de prendre la fuite, Jean-Jacques Panda se concentre sur la bombe et pose une patte dessus pour exercer ses talents psychométriques de l’espace.

Une vision l’assaille : c’est le sinistre individu qui a posé la bombe ! Son visage est obscurci, mais on distingue nettement sur son bras, un brassard rouge marqué d’une croix gammée. Jean-Jacques Panda essaie de prévenir ses camarades, seulement son pouvoir a eu des effets imprévus : Il se met à parler en binaire. Un panda roux qui imite R2D2. So cute.

Ne se laissant pas distraire, Pandanger utilise sa vision thermique pour repérer les endroits les moins fréquentés pour une fuite discrète. Il identifie rapidement un chemin qui, malheureusement, passe par un couloir dont les deux murs sont des aquariums géants. Alors que tout le monde s’engage dans le long couloir, Red Gorilla peine à retenir ses grognements haineux à l’encontre des créatures pisciformes qui rôdent de l’autre côté de la vitre.

C’est à ce moment que la bombe explose. Nos héros entendent un bruit sourd provenant du sous-sol, accompagné d’une secousse. Les vitres de l’aquarium se fendillent, elles ne résisteront bientôt plus à la pression des milliers de mètres cubes d’eau. Pandanger lève les bras, tel Moïse devant la mer Rouge et quand les parois explosent, il parvient à retenir l’eau en place grâce à ses pouvoirs. L’eau certes, mais pas les poissons ! Un requin jaillit à travers le couloir, toutes dents dehors. Cédant à son instinct primal, Red Gorilla en fait des sushis dans un tourbillon de ses petites griffes tranchantes, sans même s’arrêter de courir. Bientôt, tout le monde a traversé sauf Pandanger, qui commence à fatiguer. L’eau ruisselle de partout.

Sans céder à la panique, Red Fluffyfluff improvise un lasso avec les câbles électriques qu’elle trimballe et le jette en direction de Pandanger, parvenant de justesse à l’atteindre alors que les flots déchaînés se referment sur lui. Elle le tire hors de l’eau, trempé, et surtout, dépourvu du bandeau rouge qui faisait sa fierté! Red Fluffyfluff, diplomate, se moque de lui abondamment.

L’équipe au grand complet franchit la porte de sortie et tombe nez à nez avec un grand black en costard, qui les attend devant un jet privé. Il leur révèle alors que tout ceci n’était qu’une mission test et que le président des États-Unis les attend désormais à la Maison-Blanche pour une mission de la plus haute importance.

Fin du prégénérique.

 

“Il y a trois organisations au monde capable de perturber un trou noir : les États-Unis, la chine, et la mafia hollandaise.”

Donald Trump les accueille chaleureusement, mais en toute discrétion. Les pandas roux découvrent alors que l’attitude publique du président n’est qu’une façade et que celui-ci est en réalité un être fin et subtil. C’est en tant qu’homme et que père qu’il s’adresse aux agents. En effet, Ivanka, sa fille chérie, a été kidnappée par la mafia hollandaise. Les dirigeants de celle-ci réclament un MILLIARD de dollars contre son hypothétique libération.

En échange du sauvetage de sa fille, il promet de mettre à disposition de l’équipe tous les moyens de la Nasa. Une fusée pourrait être lancée dans le mini trou noir qui s’est créé quelque part entre Saturne et Uranus, et grâce à une technologie de pointe, leur permettre de retourner dans chez eux.

Marché conclu. L’équipe retourne à son QG secret temporaire pour retrouver la trace d’Ivanka.

Le QG secret temporaire est construit dans un centre aquatique, au milieu d’un enchevêtrement de toboggans tubulaires, et est rempli de matériel high-tech. Son austérité est égayée par des vitres sans tain qui donnent sur certains des toboggans. On peut voir passer au dehors des gens qui font des glissades.

Grâce au matériel de pointe à sa disposition, Red Fluffyfluff trace le téléphone portable d’Ivanka, qui semble émettre de Terre Adélie. C’est décidé : direction le pôle sud !

 

Des pandas et des manchots

Quelques heures plus tard, l’avion de la Red Panda Intelligence Division, affrété par le gouvernement des états unis, les dépose sur place. Tout le monde a mis de chaudes doudounes sauf Red Fluffyfluff qui regrette instantanément d’avoir utilisé son espace bagage pour prendre la découpeuse laser récupérée à Las Vegas plutôt que des vêtements chauds.

L’avion n’a pas atterri très loin de la base militaire française. Red Gorilla, pratiquement invisible dans sa doudoune blanche, part dans cette direction. Il en revient quelques minutes plus tard pourvu d’une doudoune militaire pour sa coéquipière ainsi que de la motoneige d’une sentinelle qui s’est fait dépouiller sans même s’en rendre compte. Red Panda power !

Red Fluffyfluff s’emmitoufle tant bien que mal dans la doudoune, faisant des ourlets de fortune avec du gros scotch. Pendant ce temps, Pandanger bricole un module d’invisibilité qu’il installe sur la motoneige. Tout le monde s’entasse ensuite sur le véhicule et met le cap vers le pôle Sud.

Quelques heures plus tard, les agents arrivent au point le plus austral de la planète, pour découvrir une grosse antenne connectée à un boîtier relais, mais pas de trace d’Ivanka. Des robots araignées géantes avec un brassard nazi sur 4 de leurs 8 pattes surgissent de sous la neige. C’est une embuscade!

Jean-Jacques Panda se fait séparer du reste du groupe et malgré ses talents martiaux, ne peut lutter contre tant d’ennemis. Red Fluffyfluff bondit alors sur la motoneige et percute à pleine vitesse les robots maléfiques, rapidement suivie par les deux autres membres de l’équipe qui viennent achever les maléfiques machines. C’est une victoire des mignonnes créatures ninja, mais dans la furie du combat, le costume de Jean-Jacques Panda a été déchiqueté. Heureusement, il a tout prévu ! Il ouvre son attaché-case qui se révèle rempli de costumes, et se change. Une fois de nouveau présentable, il remarque que sa valise contient un élément incongru pourvu d’une petite diode rouge clignotante: un traqueur! Sans prévenir ses camarades, car il soupçonne l’existence d’un traître dans le groupe, il tente de démonter le traqueur, et de le court-circuiter en versant d’importantes quantités l’after-shave dessus, mais en vain.

Pendant ce temps, Red Fluffyfluff a hacké l’antenne satellite et tracé le signal d’origine. Il provient d’Amsterdam. Une triangularisation approfondie du signal et lui apprend qu’il part d’une grosse usine de vélos en bordure de la ville. Il n’y a qu’un petit problème: la tentative de piratage de Red Fluffyfluff n’a pas été aussi efficace qu’elle le pensait et la mafia hollandaise est prévenue de leur présence au Pôle Sud.

L’équipe retourne à l’avion et s’envole pour la Hollande.

 

Vol 747 pour Amsterdam

Dans l’appareil, Jean-Jacques Panda, en pleine paranoïa, essaye de déterminer lequel de ses coéquipiers pourrait être le traître. L’odeur d’after-shave dans l’habitacle confiné commence à devenir suffocante et les trois autres s’en plaignent bruyamment. Vexé, Jean-Jacques Panda part s’isoler dans le poste de pilotage. À peine la porte refermée, le pilote tourne vers lui son visage mécanique. Les robots ont infiltré l’avion! La machine a un petit rire mécanique, et proclame avec un fort accent néerlandais « Fous ne nous aurez chamais ! » avant de déclencher le siège éjectable, emportant avec lui la moitié du cockpit.

Alors que le jet commence à piquer du nez au-dessus de l’Océan Atlantique, Jean-Jacques Panda tente de redresser l’appareil du mieux qu’il peut. Il constate cependant non sans désespoir que les commandes conçues pour un humain sont difficiles à atteindre pour ses petites pattes. Remarquant qu’il se passe quelque chose de louche, le reste de l’équipe intervient :  Pandanger enclenche sa télépathie de l’espace pour télécharger dans l’esprit de Jean-Jacques Panda toutes les instructions nécessaires au pilotage de ce genre d’engin tandis que Red Fluffyfluff démonte tout ce qui se trouve à portée dans la zone passager (y compris les parachutes) pour bricoler des extensions de pattes qu’elle attache sur Jean-Jacques Panda. L’avion, malgré les turbulences, redresse. C’est à ce moment que l’on découvre qu’il est maintenant encadré par deux chasseurs furtifs pilotés par des robots nazis !

Red Gorilla, persuadé que la mallette puant l’after-shave de Jean-Jacques Panda est responsable de tous leurs ennuis, l’attrape et la lance au-dehors. Les chasseurs plongent à sa suite, validant sa théorie et donnant un peu de répit au groupe. Une explosion retentit au loin, mais bientôt les chasseurs remontent vers l’avion de nos héros à fourrure.

Un message leur parvient par la radio: « Renoncez ou mourez! »

Jean-Jacques Panda, malgré le vent, le froid et le manque d’oxygène, rejette cette menace avec mépris, ce à quoi les chasseurs répliquent en tirant deux missiles en direction de l’appareil. Red Fluffyfluff réagit instantanément, en accumulant de l’électricité statique dans son pelage et en l’utilisant pour perturber le système de guidage d’un des missiles. Toute sa fourrure se met à crépiter d’arcs bleutés et se dresse, la transformant en une sphère de poils d’où ne dépassent qu’à peine les pattes à l’instant où elle parvient enfin à faire exploser le projectile en vol.

Jean-Jacques Panda, quant à lui, évite le second missile de justesse en faisant un looping. Malheureusement, la manœuvre est un peu trop acrobatique et le propulse hors de l’appareil. Pandanger, voyant passer par un hublot Jean-Jacques Panda, se rue sur le poste de pilotage et entreprend un piqué désespéré pour le cueillir en douceur. À quelques mètres de la surface de l’océan, Pandanger redresse le manche à balai et l’avion ricoche sur l’eau avant de s’arrêter définitivement, les moteurs noyés. L’avion est foutu, mais Jean-Jacques Panda a été sauvé !

 

“Au nom du gouvernement américain, nous réquisitionnons ce multicoque.”

Alors que le jet commence à s’enfoncer dans les flots, les pandas roux constatent que les deux chasseurs ont abandonné la poursuite, probablement persuadés d’en avoir terminé avec  nos héros. À quelques encablures de là, on peut voir des voiliers. Red Gorilla se jette à l’eau et entreprend de nager jusqu’au navire le plus proche. Celui-ci est dirigé par François Gabart, en plein Vendée-Globe. Red Gorilla grimpe sur le pont et amadoue le navigateur par son charme naturel de panda roux, mais alors qu’il s’apprête à demander à l’humain de détourner son navire pour ramasser ses petits camarades, un banc de poissons volants le plonge dans une fureur sanguinaire. Après quelques instants d’une violence inouïe, le pont du bateau est couvert d’entrailles de poisson et le pauvre François, en état de choc, se recroqueville en position fœtale au sol.

Red Fluffyfluff rejoint le navire et utilise le matériel radio pour pirater les cours de la bourse et déstabiliser le cours du vélo, espérant  ainsi semer le chaos dans la mafia hollandaise. Puis les pandas roux prennent tous ensemble les commandes. Ils doivent cependant rapidement admettre qu’un bateau, surtout un voilier, ça avance significativement moins vite qu’un avion. Formant un cercle en se tenant la main et concentrant la force de leur amitié, les pandas produisent une énergie telle qu’ils peuvent alors propulser le navire à une vitesse frôlant Mach 3.

 

Dutch connection

Quand ils arrivent à Amsterdam, le krach du cours du vélo a mis la ville à feu et à sang. La mafia a lâché ses hordes de robots sur la ville et sème la terreur. Pandanger, voyant une petite grand-mère prise à partie par un groupe de nazis mécaniques, se porte à sa rescousse sans attendre ses camarades. Il fait un sort aux robots, mais la pluie de shrapnels qui s’ensuit touche Red Gorilla et le panda roux se retrouve avec un éclat métallique en travers de l’oeil. Stoïque, ce dernier retient ses cris de douleur alors que la mamie emmène le groupe à l’hôpital le plus proche en leur expliquant que la mafia a installé son quartier général dans la principale usine de vélos principale d’Amsterdam.

Red Gorilla une fois suturé (il a désormais une bille métallique à la place de l’oeil), le groupe remercie la grand-mère et part pour la zone industrielle. Un gigantesque vélo à 4 places monté par une famille un peu trop rayonnante surplombe l’entrée d’un gigantesque complexe industriel. À l’intérieur, des dizaines de milliers de vélos sont laissés à l’abandon. Se glissant discrètement entre les bâtiments, nos héros découvrent que tout le site a été converti en usine de guerre. Les chaînes de montage de vélos assemblent désormais des robots et les fabriques de selles produisent à la chaîne des uniformes nazis. Non loin, les robots fonctionnels s’entraînent au tir et paradent au pas de l’oie.

Après cette première mission de reconnaissance, Red Fluffyfluff s’installe dans un cybercafé pour développer un virus capable d’arrêter les robots et le charge sur une clef USB. Pandanger reste dans les environs de l’usine et scanne le complexe à la recherche de la signature ADN d’Ivanka (Il se sert pour cela de l’échantillon ADN de son père, qu’il a discrètement prélevé lors du briefing quand ce dernier lui a serré la patte). Il repère quelque chose, mais le signal semble étrangement déformé.

Une fois prêt, le groupe s’infiltre dans l’usine. Pour être plus discrets, les pandas roux ont décidé de passer par les toits. Ils se font intercepter par une patrouille de robots qui ne résiste pas longtemps à la détermination du groupe (et surtout aux décharges d’électricité statique de Red Fluffyfluff). Une fois la menace neutralisée, nos héros arrivent au centre de commandement qui pilote toutes les machines de l’usine. C’est là que se trouve Ivanka. Seulement, il y a un petit problème. Elle est vêtue d’un uniforme nazi et quand elle se retourne, on peut clairement voir que sur son visage ont été installés des éléments robotiques! La mafia hollandaise a fait d’elle un cyborg destiné à diriger l’armée de robots nazis fous !

Jean-Jacques Panda s’avance alors, enlève ses lunettes, et fixe Ivanka en poussant des petits couinements mignons. Les robots nazis, voyant la scène, sont surchargés par tant de mignonnitude et se mettent à tomber en panne. Jean-Jacques Panda fixe de ses grands yeux noirs pleins d’étoiles le regard rouge et fixe d’Ivanka, et quand elle se baisse pour lui faire une gratouille sur la tête, lui plante la clé USB programmée par Red Fluffyfluff dans un port USB providentiel. Les yeux d’Ivanka affichent un écran bleu, puis elle s’effondre.

 

Encore une victoire des pandas roux !

De retour aux États-Unis, Ivanka a été débarrassée de ses éléments robotiques. Trump décore nos héros devant toute la presse, et propose, comme prévu, d’affréter immédiatement une fusée. À la surprise générale, les pandas roux refusent : après tout, il y a encore beaucoup à faire pour aider les gens de la Terre.

 

Le débrief

C’était une partie légèrement “over the top”, comme on dit. Il y a une vraie jubilation à empiler les situations absurdes, à se surprendre soi-même et à surprendre constamment les joueurs dans la surenchère d’incongruité. Le principe du “j’ai une prémisse débile. Voyons jusqu’où cela va nous emmener sans perdre en cohérence narrative” est une approche assez libératrice pour moi et si j’en crois les fous-rires pendant la partie, un truc plutôt jouissif pour les joueuses.

Par ailleurs c’était ma première sur ce jeu, mon premier jeu en une page et mon premier jeu en anglais. C’était aussi ma deuxième partie de jeu en une page après Genius Locci (mais cette fois-ci en live). J’en tire la conclusion que les jeux en une page sont une approche vraiment très intéressante pour notre milieu parce que :

  • Ça marche
  • C’est un vrai défi de design que d’enlever presque tout et de garder un vrai jeu avec une vraie identité.
  • Ça permet de facilement lancer une partie au débotté.
  • Ça pèse pas lourd à trimballer. Même si on en emmène quinze.
  • C’est la garantie que toutes les joueuses aient lu l’intégralité des règles du jeu avant la partie. (Oui, ça c’est un peu l’argument massue).

Bref, je le recommande à tout le monde, que ce soit pour créer, pour jouer ou pour faire jouer. Où même pour emballer le poisson, ce sera toujours mieux que le journal.

Bonus : toutes les joueuses repartent avec un jeu complet à la fin de la partie. Si c’est pas de l’efficacité dans le prosélytisme, je me demande bien ce qui en est.

 

Comme c’était aussi un playtest sur RPIDr, je dois bien avouer que je suis très content. ça a tourné comme sur des roulettes, et je n’ai dû improviser que deux points de règle :

  • Quand un panda roux tente quelque chose de vraiment difficile, on peut lui donner un malus de -1. Quand c’est vraiment impossible, on peut lui donner un malus de -2. Mais il ne faut autant que possible pas le faire.
  • Quand les pandas roux agissent ensemble, tout le monde lance les dés et si la moitié ou plus réussi, c’est une victoire pour le groupe dans son ensemble. En revanche, si la moitié ou plus échoue, tout le monde est dans la panade.

Autant dire que comme modif de règle, c’est du pipi de chat.

 

On a aussi noté qu’il était parfois peu intuitif de se rappeler combien on lançait de dés, lesquels on gardait, et ce que ça donnait comme résultat. Je vais voir pour reformuler, mais le simple fait qu’on ait un malus pour ce que les autres trouvent cool chez nous et un bonus pour ce qui les agace est, je le reconnais, un peu bizarre. Il faut bien garder en tête que ce que les autres aiment chez nous ne nécessite pas nécessairement de jeu de dés. C’est surtout un outil du meneur pour savoir où taper (et on déchire le costume trop classe, et on met des trucs dangereux à démonter …). Je ne sais pas si j’ai eu des joueuses particulièrement coopératives, mais j’ai vu beaucoup de plaisir de leur part à s’emparer des traits appréciés et détestés pour les jouer (on rappellera que ces traits sont choisis par les autres joueurs. Ça donne une saveur toute particulière à la chose).

Il faudra aussi que j’éclaircisse la distinction Being prepared/Being equipped. Parce que souvent dans la tête des joueurs, être préparé c’est avoir le bon matos (alors que j’avais plutôt pensé ce talent pour toujours avoir des plans de secours incroyables). Faudra peut-être que je remplace Being equipped par autre chose du coup.

Enfin, les tables aléatoires fonctionnent du feu de dieu, mais il ne faut pas s’en contenter. Sans ça on n’aurait pas eu la séquence de massacre de poissons volants sur le multicoque de François Gabart, et ça aurait été vraiment dommage.

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Une réflexion sur “Au service de Donald Trump

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